mercredi 18 janvier 2017
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Pr Batchom : « L’Afrique aura du mal à obtenir un siège permanent » Spécial

 

L’universitaire donne les chances du continent pour gagner une place de membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que les leviers sur lesquels pourraient reposer ce choix.

Pourquoi les parlementaires africains demandent maintenant une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU ?

C’est un vieux débat qui a commencé à émerger en faveur de l’important prisme des Etats africains au plan économique. Le Conseil de sécurité comme vous le savez a été créé à la fin de la deuxième guerre mondiale. En ce moment, les Etats africains ne sont pas encore indépendants donc, logiquement, ils ne peuvent pas y récurer car ils sont à la conquête de leur indépendance.L’Afrique pose un problème simple: peut-on continuer à avoir un Conseil de sécurité dans un monde post 90 mais en restant dans les contours post 45 ?

Quels arguments l’Afrique peut faire valoir pour arriver à ses fins ?

L’Afrique est devenue un acteur important. La preuve, les experts disent qu’en 2030 le Nigeria sera à plus d’un milliard d’habitants.Peut-on aujourd’hui continuer à ignorer le poids économique de certains Etats tels que le Nigeria,l’Afrique du sud, l’Egypte, le Kenya? C’est sur cette base que depuis un certain temps, lors des sommets,les Etats africains revendiquent ce statut. Vous savez que le ministre des Finances nigérian avait déposé sa candidature pour être président de la Banque mondiale, c’est une façon de contester une répartition des pouvoirs dans le monde.

Ce plaidoyer a une chance de prospérer ?

Je ne pense pas que cela puisse être possible. Vous savez que les puissances comme l’Allemagne se battent pour obtenir un siège de membre permanent du Conseil de sécurité depuis mais ils n’y parviennent pas. En clair, l’Afrique ne saurait accéder à ce siège parce qu’elle a eu des balbutiements qui montrent qu’il y a une évolution démographiques et économiques,ce qui n’est pas suffisant. Elle a eu beaucoup de problèmes sur le plan de la sécurité. L’Afrique n’a pas un Etat qui dégage un consensus.Autrement dit, qu’il n’y a pas encore eu d’entente entre les différents Etats pour savoir quel pays sera représenté. Le jeu des acteurs parce que tous les Etats africains n’ont pas les même alliés internationaux.Certains sont fortement alliés à la Chine, la Russie ou à d’autres puissances occidentales.Il faut aussi noter la détention de l’arme nucléaire parce que quoi qu’on dise les éléments des puissances internationales ne reposent pas seulement sur l’économie et la démographie.

Justement, comment va se passer le choix du pays à représenter dans cette instance de l’ONU ? 

C’est l’une des questions que nous nous posons et qui rend la situation difficile. A supposer que le G5accepte d’intégrer l’Afrique comme membre permanent au Conseil de sécurité, il faudrait déjà qu’il ait un consensus dans notre continent.Vous convenez avec moi que faire partie du Conseil de sécurité comme membre permanent est un honneur, une ressource importante dans un monde en turbulence en raison du véto qui se confère. Si on y parvient, il faudra encore trouver une solution à la diversité de l’Afrique. L’Afrique de l’Est n’est pas l’Afrique de l’Ouest,l’Afrique Australe et l’Afrique Centrale.Or, toutes ces régions ont des Etats qui aspirent à ce poste.Si on prend seulement le Nigeria,l’Afrique du sud, l’Egypte, le Kenya à quel niveau va-t-on arbitrer ? À l’Union africaine ? Vous voyez que la question demeure.

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