mardi 12 décembre 2017
Connexion S'inscrire

Connexion

FLASH INFO

Redressement économique : les propositions du Cameroun au FMI

  • vendredi, 24 février 2017 10:03
  • Écrit par  Michel Ange Nga

La rencontre entre la délégation du FMI et le ministre de l’economie a été l’occasion pour la partie camerounaise de présenter les grands axes du nouveau plan de redressement économique qui fait la part belle à la maturation des grands projets de seconde génération, à la maîtrise de l’endettement et à la promotion du secteur privé.

Si la Suisse Corinne Delechat ne connaît pas bien le Cameroun qu’elle a presque découvert lors d’une mission du Fonds Monétaire International (FMI) en décembre 2016, c’est par contre en bonne connaisseuse des négociations des programmes économiques entre Bretton Woods et les pays du Sud qu’elle pousse la porte du cabinet de Louis Paul Motaze, le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) le 20 février dernier. La nouvelle chef de mission du FMI pour le Cameroun et la dizaine d’experts qui l’accompagnaient ont écouté le ministre Motaze exposer sur le plan triennal de redressement économique adopté par le gouvernement Philemon Yang à l’occasion du conseil de cabinet du 27 janvier 2017.

C’est effectivement pendant ce conseil de cabinet que Louis Paul Motaze avait proposé à ses pairs du gouvernement une période transitoire de trois ans (2017-2019) comme solution contre l’austérité. Corinne Delechat n’a pas caché son enthousiasme en prenant connaissance de la stratégie du gouvernement camerounais censée éviter l’austérité alors que le pays a vu ses recettes publiques baisser à cause de la chute du cours des matières premières. Elle a même tenu à préciser qu’en pratique le FMI n’impose pas de programme à ses partenaires. « Nous menons une politique d’accompagnement », a rassuré Corinne Delechat. Pour cette dernière justement, le plan triennal du Cameroun est digne d’intérêt. Monté par les bons soins du ministre de l’Economie, ce plan prévoit la poursuite des grands chantiers structurants. « Si on arrête d’investir, le Cameroun va plonger dans l’austérité et la pauvreté », avertissait Louis Paul Motaze à la clôture de la Conférence annuelle du Minepat, il y a quelques semaines à Yaoundé.

Il a donc pour cela réussi à convaincre ses pairs du gouvernement d’arrêter de multiplier les projets budgétivores si on ne peut pas les conduire jusqu’au bout. A la place, le Minepat a proposé de se concentrer sur la finalisation des projets qui sont déjà inscrits dans le portefeuille de l’Etat pour être sûr de les mener à terme. L’objectif est d’éviter les éléphants blancs et l’émiettement des dépenses d’investissement incompatible avec toute stratégie de croissance. Entre 2010 et 2016, le Cameroun a réussi à capitaliser environ 1 200 milliards de francs CFA investis dans les grands projets. Pour la seule année 2016, un peu plus de 175 milliards ont été investis dans les grands projets afin de créer davantage plus de richesses.

ConsuLtations

Pour le FMI, cette démarche est louable. Corinne Delechat est aussi favorable à une hiérarchisation des projets qui limite les dérapages budgétaires. Car le FMI exige au gouvernement camerounais, en parallèle à son plan triennal, la maîtrise de sa dépense publique. Un sujet que la délégation du FMI élargie aux experts de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement (BAD) abordera aussi avec Alamine Ousmane Mey, le ministre des Finances (Minfi).

 Louis Paul Motaze a aussi indiqué aux experts du FMI que le plan triennal de redressement économique du Cameroun vise aussi la finalisation des réformes structurelles engagées. A commencer par celui de l’exécution des marchés publics. Une réforme que le gouvernement surveille comme du lait sur le feu. Il annonce d’ailleurs que la coopération coréenne a fait des propositions intéressantes au Cameroun. Des propositions censées alléger le processus d’exécution des marchés publics. Et pour finir, la stratégie camerounaise anti-austérité prévoit aussi l’identification et la maturation (études complètes et mobilisation des financements) des projets de deuxième génération. Après le Minepat, la mission menée par Corinne Delechat qui séjourne au Cameroun pendant deux semaines poursuit ses consultations avec d’autres acteurs institutionnels et organisations de la société civile. Mais cette mission a d’ores et déjà transmis le chronogramme de ses activités aux autorités camerounaises. Et des indiscrétions laissent penser que les deux parties vont parapher le programme économique de redressement économique avant la fin du premier semestre de cette année.

LES DERNIERS ARTICLES

LES DERNIÈRES VIDÉOS

0
Partages
0
Partages