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Crise Anglophone:La méthode Philemon Yang Spécial

  • jeudi, 26 janvier 2017 09:33
  • Écrit par  Michel Ange Nga
Philemon Yang: Premier Ministre Philemon Yang: Premier Ministre

 

Le Premier ministre qui risque sa réputation et son avenir politique dans le règlement de la crise en cours préfère jouer la carte républicaine à fond.

L e 23 janvier 2017, Paul Biya a signé un décret qui crée et organise la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, en abrégé Cnpbm. Une décision, qui selon le politologue Mathias Owona Nguini, n’est pas étrangère à la crise qui secoue actuellement la zone anglophone du Cameroun.  A  nos confrères de Cameroon tribune il explique : « le président de la République a créé cette commission dans le souci de prendre en compte certaines demandes faites par les meneurs et acteurs du mouvement social de l’anglophonie identitaire ». Selon le décret du Président, le Cnpbm est « un organe consultatif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière ».  Ce  que beaucoup de personnalités de la société civile et même de l’opposition apprécient. Mais si l’Etat camerounais fait des cadeaux pour atténuer les tensions sociales dans la zone anglophone, il sait aussi se montrer ferme. Les principales villes dans les deux régions anglophones ont été fortement militarisées pour éviter des scènes d’intifada comme celle du 8 décembre dernier à Bamenda.

Le gouvernement a aussi coupé la connexion internet et mis en garde tous ceux qui postent des fausses informations sur les réseaux sociaux. A cette question, Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication (Mincom) et porte-parole du gouvernement, a répondu à Carine Frenk de RFI en expliquant : « la responsabilité de tout gouvernement au monde, en particulier celui du Cameroun, est de préserver l’ordre public. Lorsqu’une poignée d’individus par la violence, par l’insurrection, par la menace, prend toute une région en otage, il va s’en dire que cela est inacceptable pour tout Etat de droit qui se respecte ».

BAMENDA

En plus de la militarisation des villes anglophones, le gouvernement de Philemon Yang fait aussi montre de fermeté quand les meneurs de la grogne sociale anglophone demandent le fédéralisme ou la sécession. Pour lui, ces deux points ne sont pas discutables. C’est d’ailleurs la position du Président Paul Biya. Ce dernier n’a pas bougé d’un iota malgré les appels au dialogue qui viennent même de l’étranger.

D’autres parts, contrairement à ce qu’avaient pensé certains, Yaoundé ne compte non plus infléchir sa position sur sa politique de répression des leaders du mouvement de grève qui paralyse la zone anglophone depuis trois mois. Issa Tchiroma Bakary avait pour cela annoncé des poursuites juridiques contre tous les « extrémistes ». L’avocat Felix Nkongho Agbor Balla, le président du Cameroon anglophone civil society consortium (Cacsc), un mouvement de revendication clandestin, est le premier à faire les frais de cette mesure coup de poing du gouvernement. Il est arrêté la semaine dernière à Bamenda en compagnie de son principal   collaborateur   Fontem  Aforteka’a  Neba. Le 19 janvier 2017, Issa Tchiroma Bakary signe un communiqué dans lequel il indique que Felix Nkongho Agbor Balla et son camarade du Cacsc ont été mis à la disponibilité de la justice dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte pour établir les responsabilités des exactions ayant causé des dégâts matériels et humains dans le Nord-Ouest et le Sud- Ouest depuis octobre 2016.

BUEA

Issa Tchiroma Bakary a aussi mentionné dans ce communiqué que d’autres personnes étaient activement recherchées par les forces de l’ordre. Certaines personnes ont déjà été interpellées et mises à la disponibilité de la justice. Sur le nombre exact des personnes arrêtées, Issa Tchiroma Bakary est peu disert. « Je ne saurais vous dire le nombre de personnes arrêtées, mais toute personne qui participe aux villes mortes, à l’insurrection, tous ceux-là doivent s’attendre à répondre à la rigueur et aux exigences des lois de la République ». A la fin, cette méthode du bras de fer dans un gant de velours porte-t-elle vraiment du fruit ? Pas sûr. A Bamenda et Buea l’école n’a toujours pas repris dans son ensemble (quelques écoles francophones ont ouvert à Bamenda) et les villes mortes se poursuivent.

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