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crise anglophone,pourquoi le gouvernement joue le fermeté Spécial

  • jeudi, 19 janvier 2017 14:26
  • Écrit par  chamberline moko
Réné Emmanuel Sadi,ministre l'Adminitration territoriale et de la décentralisation Réné Emmanuel Sadi,ministre l'Adminitration territoriale et de la décentralisation

Pourquoi le gouvernement joue la fermeté

  Face aux violences et à l’impasse créées par l’extrémisme des syndicats d’enseignants anglophones, le gouvernement prend des mesures fortes pour ramener la quiétude dans les deux régions anglophones.

«V ous lirez sans doute ce communiqué quand nous serons déjà arrêtés. Une personnalité bien placée de la République vient de nous informer que nous n’allons pas échapper à une arrestation ». Les frayeurs des leaders du Cameroon anglophone civil society consortium (Cacsc) étaient bien fondées. Car ils ont été arrêtés à Bamenda dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier et transférés à Yaoundé pour exploitation. Rien de vraiment surprenant car Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, avait promis des poursuites judiciaires aux leaders du Cacsc.

La fermeté du gouvernement contre le Cacsc s’était fait voir le 17 janvier avec un arrêté signé de René Emmanuel Sadi, le ministre de l’Administration    territoriale    et      de la décentralisation. On pouvait lire dans ce document : « sont et demeurent interdites sur toute l’étendue du territoire national, toute activité, réunions et manifestations initiées ou soutenues par le Southern Cameroons national council (Scnc), le Cameroon anglophone civil society consortium (Cacsc), tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire ou par toute autre personne s’en réclamant ». Le ministre Sadi a de même promis des poursuites judiciaires à tous les contrevenants. Ce qui n’augure rien de bon pour les syndicalistes arrêtés à Bamenda.

Ils étaient pourtant décidés à faire plier le gouvernement, et n’entendaient pas lâcher du lest jusqu’à ce que l’ensemble de leurs revendications trouvent satisfaction. Malheureusement,      ces      syndicalistes frondeurs, qui ont crée un consortium d’enseignants et acteurs de la société civile pour un bras de fer avec le gouvernement ont en l’espace de deux jours touché le fond du gouffre et perdu l’assentiment qu’ils commençaient à consolider auprès de l’opinion. Tout d’abord, il y a eu ce glissement observé avec des revendications qui, à la surprise générale, sont passées des problèmes d’enseignants à des problèmes politiques, notamment avec la sortie de la Cameroon teachers trade union (Cattu), un syndicat membre du Cacsc, qui, durcissant le ton, a demandé au gouvernement d’organiser un référendum dans les brefs délais pour un retour au fédéralisme. Ce syndicat a aussi exigé la permutation de mandats entre Francophones et Anglophones à la tête de l’Etat.

 BRIMADE

 Ces sollicitations avaient récoltés critiques et désolations auprès de l’opinion,   chacun    s’étonnant    de    ce revirement. La goutte d’eau qui a débordé le vase étant ces images qui défilent sur les réseaux sociaux montrant de jeunes écoliers molestés et brimés alors qu’ils s’étaient rendus dans les salles de classe, bravant ainsi les villes mortes instaurées dans ces deux régions. En l’espace de quelques minutes, ces vidéos ont fait le tour du monde et choqué plus d’un. Les syndicalistes qui quelques jours encore paraissaient comme de légitimes porteurs de revendications liées à leurs différentes corporations ont tôt fait d’être considérés comme des fauteurs de trouble.

Sentant la situation tourner au vinaigre et en leur défaveur, les membres du Cacsc ont vite fait de produire un communiqué dans lequel ils se désolidarisaient de tels actes de brimade sur ces jeunes écoliers… mais trop tard. Le gouvernement saisissant la balle au vol a condamner cette situation, ralliant ainsi une bonne partie de l’opinion nationale derrière elle. Le premier à être monté au créneau, c’est le ministre de la Communication. Face à la presse le 17 janvier, le porte-parole du gouvernement n’est pas allé de main morte pour dénoncer ce revirement des syndicalistes qui  a son  avis ont définitivement perdu le nord et perdu la face. Se permettant des expressions telles que « irréductibles contestataires » ou encore « extrémistes » pour qualifier ces syndicalistes, Issa Tchiroma Bakary a clairement laissé transparaitre la fermeté du gouvernement qui n’entend plus en l’état actuel accorder d’autres concessions à ces syndicalistes qui,  aux  yeux du gouvernement sont de véritables contestataires. « Ces extrémistes se seraient constituées en un consortium. Un tel consortium est illicite, et autant ceux qui l’ont fondé que ceux qui y ont adhéré devront en répondre devant les lois de la République », indiquait Issa Tchiroma Bakary.

EUROPE

Se sentant cernés, les leaders du Cacsc ont produit un communiqué dans lequel ils nommaient de nouveaux hommes à la tête des contestations et des villes mortes. Selon le communiqué,   les   activités du consortium ont été transférées en Europe. « Notre lutte a marqué un autre succès très retentissant depuis que nous avons lancé les opérations de villes mortes. C’est le temps de nous féliciter nous-mêmes pour cette détermination. Nous avons suivi que les activités du consortium ont été bannies sur l’ensemble du territoire de la République, Au moment où nous publions ce dossier de presse, nous ne savons pas comment les choses se passeront dans les prochaines heures. Mais le combat doit continuer jusqu’à ce que nous atteignions nos objectifs ; le consortium a choisi Mark Bara du journal Bareta news et Tapang Ivo des Etats Unis pour continuer à gérer les affaires et les opérations de villes mortes vont continuer dans les villes et villages du Nord-Ouest tous les lundis et mercredis du 23 janvier au 23 février. Personne ne doit avoir les armes, on ne doit rien détruire et attaquer personne » Peut-on lire dans ce communiqué. Malgré l’arrestation du Dr Fontem Neba et Barrister Agboh qui pilotaient ces opérations du Cacsc, la tension n’est encore totalement retombée dans les villes frondeuses. Timidement, les activités reprennent leur cours à Bamenda et Buéa

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