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Port de Kribi : au coeur du scandale des indemnisations  Spécial

  • mardi, 24 mai 2016 00:02
  • Écrit par  Jean Luc FAssi

Contrairement à la rumeur, Louis Paul Motaze n'a pas été entendu, n'étant pas impliqué dans la gestion des indemnisations. Mais nombre, de hauts responsables sont écroués pour leurs rôles présumés dans diverses fraudes lors de cette opération menée de bout en bout par le ministère chargé des affaires foncières. 

« Non, le ministre Louis Paul Motaze n'a pas été en« tendu dans le cadre des enquêtes sur les indemnisations au port en eau profonde de Krtbi», Au septième étage de l'immeuble qui abrite les services du ministère de l'Economie, de la planification et de l'aménagement du territoire (Minepat), rond-point de la primature, ce cadre est formel. Aucun limier de la justice n'est venu auditionner son patron comme allégué par un journal de la place. Pas même à titre de témoin. Car affirme ce cadre de l'administration qui se présente comme un expert des procédures administratives, revendiquant de surcroit une bonne connaissance des processus d'indemnisations dans les grands projets; « en sa qualité de président du comité de pilotage, le ministre de l'Economie ne peut être impliqué à aucun niveau dans cette affaire, car le Comité de pilotage ne gère pas le dossier des indemnisations. » Pour ce dernier, ces informations qui annoncent une audition de son patron ne relèvent que du fantasme. 

On apprend ainsi que pour chaque grand projet comme celui de la construction du port en eau profonde de Kribi, la méthode qui aboutit aux indemnisations des populations est la même : « Quand un grand projet est enclenché par les autorités, il revient toujours au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (Mindcaf) trouver le site, le sécuriser et d'identifier les ayant droits. Ce pro- 

cess us mené par le ministre en charge des affaires foncières ne concerne pas les membres du comité de pilotage », explique notre source. Dans le cas du projet du port de Kribi, la même réglementation a été respectée. C'est donc en 2009 que le ministère en charge des domaines portait son choix sur le site de Mboro, à une trentaine de kilomètres de la ville de Kribi, pour l'implantation du port. Le projet doit couvrir 26 000 hectares et le ministère en charge des domaines procède alors, comme le veut la réglementation, à l'identification des personnes morales et physiques qui doivent bénéficier des indemnisations. En 2010, un décret du président de la République classe le site de Mboro dans la liste des domaines publics. 

DÉNONCIATIONS 

Sur la base du travail du Mindcaf, il s'en suit des premières indemnisations sans que le comité de pilotage du projet interfère sur des prérogatives qui ne sont pas les siennes, comme le fait remarquer un membre de ce comité. Tout se serait alors passé sans problèmes si le processus n'avait pas été très vite stoppé à cause des dénonciations de malversations financières. A l'époque, la presse nationale indexe le travail d'identification des populations riveraines qui aurait été, selon elle, biaisé par quelques opportunistes. Il va s'en suivre un toilettage et le début d'une seconde phase d'indemnisations en 

2013. Cette seconde phase d'indemnisation est surveillée de près par le gouvernement parce qu'un an plus tôt, un rapport de la Commission nationale anti-corruption (Conac) s'inquiétait déjà de ce que les populations riveraines avaient été spoliées. 

Pour voir plus clair dans cette affaire, le Premier ministre, Philemon Yang, instruit une mission interministérielle d'enquête et de contre-expertise. Le rapport de cette mission est accablant. La justice s'en mêle ensuite. Et depuis, cette affaire fait grands bruits avec la mise aux arrêts de 14 personnes. Elles sont actuellement détenues à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé et poursuivies, selon des indiscrétions pour détournement présumée de la somme de 4 milliards de francs CFA. « Comme vous pouvez le constater, seuls ceux qui ont participé au processus d'indemnisation sont poursuivis par la justice », explique notre expert des procédures administratives. 

ARRESTATIONS 

Un membre du comité de pilotage du projet du port de Kribi se souvient que le Mindcaf avait crée, comme le prévoit la loi, une commission, composée entre autres des autorités administratives locales, des chefs traditionnels et des responsables régionaux du Mindcaf, pour les travaux censés aboutir au décret d'expropriation. « C'est pour cette raison que vous avez noté qu'aucun membre du comité de pilotage n'est concerné par la vague d'arrestations en rapport avec les malversations des indemnisations », fait savoir ce membre du comité de pilotage. Il poursuit: « Un journal a cru malheureusement diffuser un mensonge selon lequel le président du comité de pilotage du projet de construction d'un complexe industrialo-portuaire à Kribi aurait été interrogé par la justice. Une pure invention. Car Louis Paul Motaze n'a pas été interrogé à ce sujet et ne le sera jamais puisqu'il n'est pas concerné par cette affaire. Son rôle était de mener à bien la construction du port. Ce qui est désormais bien fait,» tranche-t-il. 

Pour les experts des grands projets, la procédure ne laisse pas de place à une quelconque intervention du comité de pilotage en ce qui concerne les indemnisations. Tout comme dans le cas de la construction d'une route, ce n'est pas au ministère des Travaux publics, qu'il revient de s'occuper des indemnisations en dressant la liste des ayants droits. Comme quoi, l'affaire des malversations financières dans les indemnisations à Kribi concerne les membres de la commission mise en place par le Mindcaf. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les arrestations concernent d'anciens préfets et sous-préfets puisque les autorités administratives locales sont membres de cette commission.

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