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Yaoundé : Les feux à tout prix ?

  • lundi, 23 mai 2016 09:13
  • Écrit par  Gatchou Njamen, Ecrivain*

Les bonnes routes et rues au Cameroun ne courent pas les rues. C’est un fait pour ceux qui observent le pays avec des yeux un tant soit peu lucides. Yaoundé, la capitale, centre des institutions qui, comme l’a décrété un jour le premier camerounais, quand il respire entraine automatiquement que le pays entier vit -l’extrême nord y compris-, est un champ de ruine pour ce qui concerne son réseaux de rues.  Mais depuis que l’avenue Kennedy est coupée en deux, dévastée par la société des eaux cherchant désespérément un tuyau crevé, la plaie est ouverte. Une vraie honte, une grande blessure, purulente  au cœur de la ville, à quelque encablure de l’axe présidentiel.  Un trou béant, constant, presque «éternel » à force d’y être maintenu. Pourtant, c’est encore peu de chose comparé à ce qui est la vraie réalité dans la cité.  Et si on faisait un bref état des lieux, si nous plongions dans la décadence amorcé il ya trois décennies, donc très avancée aujourd’hui ! 

Le chemin allant de la « Sni » au « lycée bilingue » d’Essos, qui se divise en plusieurs axes à partir de Mvog-ada est un désastre.  On peut passer par Emombo, avec la certitude de bousiller au moins un amortisseur avant le premier carrefour, mais les quatre avant le deuxième. Ou on peut choisir de prendre à gauche au carrefour Belibi pour passer par « apolo bar ». Si par bonheur on possède une voiture tout terrain, on peut traverser car la dégradation de la chaussée à cet endroit est telle qu’aucune petite voiture ne peut s’y aventurer;  et plus loin, au carrefour du marché Essos, devant la mosquée, c’est la même galère : de larges trous jonchent la rue, comme creusés expressément pour narguer  le peuple d’automobiliste. On peut aller tout droit, donc passer par ancien « Mobil Essos », les ravages, compréhensible à cause de l’âge du bitume sont énormes tout le long du parcours. Jamais plus de 10 mètres sans zigzaguer pour esquiver des nids de poule jusqu’au but du périlleux voyage.  

Un spectacle de ville ravagée partout : Devant la gare, avant, pendant et après le pont de la gare, à « Monté Ludo », vers Hysacam, plus haut, à un petit carrefour de gros trous. Le même triste spectacle de ville tombée en décrépitude de  l’autre côté à Mvog atangana Mballa, du carrefour Mvog-mbi à Olézoa  ou aux BDC, avec la bretelle qui rallie Coron, sans oublier celle qui passe par la « Pimenterie». C’est, une chaine de nids de poule  qui se serait entendue appelé archipel s’il s’était agit des îles.  Du Carrefour Ekounou à la nationale d’Est est un tronçon qui n’a plus de route que le nom. Le tout Manguier est une catastrophe urbaine, un exemple d’enclavement. Le désastre se poursuit comme, du côté de l’hémicycle, ayant manqué d’exploser ses pneus à côté du CETIC, bravé la plaie du carrefour CRADAT -une crevasse mal rebouchée en son centre depuis presque deux ans, abandonnée comme les ingénieurs de la CDE, après plus de 70 jours de présence constante aient  pu, tant bien que mal, colmater une grosse  fuite d’eau-, esquivé les trous du carrefour « parlement »à Bonamoussadi, on arrive au tout petit carrefour de la chapelle Obili, et on tente de rallier le lycée de Biyem-assi à travers chez « Kameni ». D’Acacia au Rond point express, la rue, bricolée par « Buns » est crevassée par des trombes de déjections mal canalisés  qui, tel des geysers,  explosent souvent le mauvais bitume,  éclaboussant passants et riverains souillés, dégoutés, énervés mais résignés, malheureux. Plus loin encore, Entré Simbock, Gendarmerie Medong bitume brisé, trous remplis d’eau, rien de beau ni de bon. Lorsque l’on quitte la minuscule rue qui passe par Simbock puis Mbalgon  pour rejoindre la route de Douala, et qu’on prend l’embranchement qui mène à Eloumdem en passant par l’Ecole internationale de Guerre, on se rend compte à quel point les rues de la ville aux sept collines sont délabrées. Parce qu’on roule sur un tronçon complètement dévasté, traversé de partout par des torrents permanents, une piste  qui, contrairement à d’autres rues et ruelles de la ville n’a pas connu de beaux jours du tout. Ce sont des trous remplis d’eau ou de boue, des nids  à n’en plus finir jusqu’à l’entrée de l’école. Après, il n’y a plus rien. Les habitants eux-mêmes ont creusé une piste qui contourne l’école et les mène à leur village. 

Yaoundé, une ville avec si peu de rues, une ville agonisante, étouffée par le manque chaussées praticables, toutes depuis longtemps complètement bousillées par d’incessant travaux sur un réseau hydraulique désuet ou rongées par  le temps, et raccommodé tant de fois qu’elles donnent, à ceux qui roulent dessus, l’impression de surfer sur un tremblement de terre. Après ce tour d’horizon, le constat du délabrement avancé très insuffisant réseau de rues dans la cité capitale, la surprise puis la consternation : Depuis quelques temps, une « course aux feux de signalisation » est lancée dans cette même ville, comme si, mue par une envie soudaine de modernisme ou de mise à la norme de l’agglomération capitale, les autorités de la ville, mené par l’urbaniste en chef , voulaient en quelque temps combler le fossé entre nous et les grandes métropoles mondiales en équipant les carrefours, les plus mal famés comme les plus étroits et insignifiant d’onéreux feux de signalisation. 

Les feux de signalisation ne sont pas vieux comme le monde mais ils ne sont pas si récents que pourraient être tenté de croire certains citadins camerounais qui assistent au boom des feux dont on semble vouloir doter toutes les intersections. C’est  vers les années 1860 qu’on pourrait  situer leurs apparitions à Londres dans le domaine du transport ferroviaire, par les soins de d’un ingénieur nommé J. P. Knight, spécialiste dans le domaine de la signalisation pour les voies ferrées. On pense que ce ne serait qu’au 20ème siècle, quelque temps après  le déclanchement de la deuxième guerre mondiale que les USA et L’Europe continentale auraient vue les premiers feux de régularisation de la circulation briller chez eux. Cela en réponse à des problèmes réels : Le flux dense de véhicules rapides les passages à niveau nombreux en raison de l’utilisation massive des trains. Les feux oui, mais encore faut-il les régler avec pertinence. Chapelle Nsimeyong, une semaine seulement après le lancement des feux, les bouchons ont doublés, entrainant des queues de voiture pouvant atteindre le carrefour Tam-tam d’un côté, La maison rose d’un autre, le carrefour de l’ancien Shell d’un autre etc. Coincé à 20 heures, on s’en échappait plus d’une heure après. C’était invivable à un point tel que les gestionnaires de ces feux, acculés certainement, l’ont annulé purement et simplement en activant le feu orange qui clignote à longueur de temps, libérant les automobilistes qui commençaient à éviter cet axe pour contourner par Acacia, redonnant vie au carrefour de la chapelle Nsimeyong. Pendant ce temps, les travaux d’installation des feux de signalisation sont presque achevés à Tam-tam. Ailleurs on creuse, on passe des câble avec frénésie comme si un autre point d’achèvement restait à atteindre. Comment comprendre cette folie des feux qui s’est emparée des patrons de la ville quand on sait dans quel état se trouve le réseau routier de la capitale ?  

 

Dernière modification le lundi, 23 mai 2016 09:33

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