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Kah Walla : « Unité Nationale : Nous pouvons passer de l’Exclusion vers l’Inclusion » Spécial

  • vendredi, 13 mai 2016 13:02
  • Écrit par  Par Kah Walla, Présidente Nationale Cameroon People’s Party

Dans le communiqué ci-dessous parvenu à notre rédaction, la présidente du Cameroon People’s Party réagit à la décision préfectorale qui interdit les partis politiques non représentés à l’Assemblée nationale de prendre part au défilé du 20 mai*.

Il est très difficile de vivre à l’étranger.  Loin de chez soi, de sa famille et de tout ce qui nous est familier.  Et pourtant, des centaines de milliers de camerounais continuent à faire ce choix.

Aussi difficile que ce soit de vivre  à l’étranger, chez les autres, ils se sentent encore plus exclus et marginalisés chez eux, au Cameroun.

A sa  34e année de pouvoir, ce qui caractérise le plus le régime Biya c’est l’exclusion des camerounais dans leur propre pays.  Sur les plans économique, social et politique, des millions de camerounais sont exclus de leur droit à l’épanouissement en tant que citoyen.

Pourtant il était possible de faire autrement.

En effet, l’un des principes fondamentaux de gouvernance qui facilite l’inclusion des populations est la décentralisation.  Assurer une distribution du pouvoir et des ressources au niveau de gouvernance le

plus proche du citoyen, est un des fondements de l’inclusion.  Cette décentralisation permet  de fournir des services de base et d’assurer l’inclusion du plus grand nombre.

Comment rechercher constamment et systématiquement, l’inclusion du plus grand nombre de camerounais ? Comment une autre gouvernance,une gestion différente par l’inclusion du plus grand nombre, pourrait changer la vie des camerounais ?

Dans les paragraphes qui suivent, le CPP donne quelques exemples.

Sur le plan économique

 

Sur dix camerounais qui travaillent, neuf sont exclus de l’économie formelle.  Ils travaillent dans l’informel, sans salaire fixe, sans assurance quelconque, dans des conditions de travail précaires, sans sécurité ni  perspective. Ils magouillent, jonglent avec les impôts, trompent et trichent parce que les voies de la légalité et de l’inclusion sont fermées. Des millions de camerounais : agricultrices, commerçants, vendeurs à la sauvette, bayamsellam et débrouillards de toute nature sont exclu de l’économie formelle du Cameroun.

Depuis 34 ans, aucune solution méliorative n’est offerte à ces millions de camerounais/es qui se débrouillent et survivent sans toutefois s’en sortir. Pire, en tant que nation, nous avons intégré cette exclusion comme une norme.  Année après année, nous acceptons que cette vaste majorité de travailleurs continuent d’exercer, sans amélioration significative et  sans espoir manifeste.

Plusieurs pays dans le monde utilisent diverses stratégies pour intégrer progressivement les acteurs et actrices de l’économie informelle dans l’économie formelle. Voici quelques mesures qui ont fait leurs preuves  chez d’autres et qui pourraient fonctionner chez-nous:

•    Agriculture – Les travailleurs les plus nombreux au Cameroun sont les agricultrices et agriculteurs. Il est possible dans chaque commune et dans chaque région de recenser l’ensemble des agriculteurs et, sur la base de la performance, d’accompagner ces agriculteurs afin d’obtenir les résultats ci-après  qui garantissent une réelle amélioration de leurs conditions de vie :

o    L’agrandissement des parcelles de terres cultivées ;

o    La mécanisation de l’agriculture ;

o    La formation sur les techniques de production et de commercialisation 

o    L’accompagnement pour le financement de l’activité agricole ;

o    L’accompagnement pour la commercialisation groupée des produits agricoles.

 

•Espaces Marchands – Les marchés sont parmi les lieux de grandeactivité économique au niveau local.  En Afrique, plusieurs pays ont

•utilisé la gestion des marchés pour intégrer progressivement lesacteurs de l’informel vers le formel, avec des mesures telles que :

•La formation des commerçant/es sur la gestion de leur activité ;

•La construction des espaces marchands modernes avec les

•commerçant/es comme actionnaires du marché en partenariat avec la

•commune ;

•La mise en place d’une structure de cogestion du marché comprenantles commerçants et les représentant/es de la commune ;

•La modernisation des marchés avec des infrastructures telles que :eau courante, électricité, toilettes modernes, étalages modernes,chambres froides, espaces de conservation, etc.

•L’accompagnement des commerçant/es pour le financement de leur activité ;

•L’accompagnement des commerçant/es pour la commercialisationtransfrontalière et régionale.

 

Sur le plan social

La succession de drames, de décès de femmes enceintes depuis le début de l’année 2016, souligne à quel point la majorité des camerounais  est exclue du système de santé.  L’accès aux soins de santé de qualité reste un luxe pour la majorité des camerounais.  Une exclusion terrible qui, dans beaucoup trop de cas, a pour résultat très littéralement la mort!

Dans le cas de la santé, la décentralisation joue encore un rôle primordial. Les soins préventifs (vaccination, visites prénatales, bilan médical, etc.) sont mieux livrés et contrôlés par une gestion du système de santé au niveau local.

Une mesure importante et urgente qui permettra l’inclusion est l’assurance maladie universelle (AMU).  Le Cameroun pourra tirer des

leçons de l’expérience d’autres pays.  La Côte d’Ivoire vient de mettre en place une AMU qui coûte  1 000 fcfa par mois à tous  les citoyens. Sûrement, le Cameroun peut faire autant, sinon  mieux.

Sur le plan social, un autre domaine clé dans lequel le Cameroun se doit d’assurer l’inclusion est celui des droits des personnes vivant avec un handicap.  Au Cameroun on estime qu’environ 15% de la population vit avec un handicap, c’est-à-dire près de 3,5 million de camerounais. Depuis 2010, la loi sur les droits des personnes handicapées a été passée à l’Assemblée Nationale.  Cette loi qui porte protection et promotion des personnes handicapées, garantit aux personnes handicapées :

•    L’accès à l’éducation et à la formation professionnelle ;

•    L’accès aux soins de santé ;

•    L’accès à l’information et aux activités culturelles ;

•    L’accès aux infrastructures, à l’habitat et au transport ;

•    L’accès aux sports et loisirs, à l’emploi…

Six ans, c’est trop long pour faire attendre 3,5 millions de citoyens tout simplement à cause d’un  décret d’application qui n’est toujours pas là. Non, Il est possible de gérer autrement !  Il est possible d’agir avec célérité et efficacité, surtout quand il s’agit de l’inclusion de plus de 3 millions de nos compatriotes !

 

Sur le plan politique

Tous les chiffres devraient donner une confiance extraordinaire à l’Etat-parti.

• 34 ans au pouvoir ;

• Élection présidentielle « gagnée » à 77,99 % ;

• 148 députés sur les 180 à l’assemblée nationale soit une majorité de 88,22% ;

• 86% de sénateurs.

Pourquoi avec cette majorité écrasante l’Etat-parti se sent il obligé d’exclure tout autre opinion politique, de piétiner les libertés publiques et de réprimer toute voix contraire à la sienne ?

Le modus operandi du régime Biya est d’exclure. Exclure ses citoyens et encore plus ses collègues politiques, de la manière la plus brutale. Exclure de la prise de parole, exclure de l’action publique politique, exclure même de la fête nationale.  Pauvre régime qui ne comprend pas que c’est à force d’exclure que l’on se retrouve tout seul !

En opposition à cette exclusion, il est possible de faire autrement.

Il est possible de reconnaître la diversité pour la richesse nationale qu’elle représente.  IL est possible de:

• Respecter les libertés publiques de chaque parti politique et de

chaque association ;

• Tenir des réunions publiques (Town Hall) pour discuter avec les citoyens ;

• Tenir des réunions consultatives avec des groupes clés (secteur

privé, société civile, partis politiques, etc.) sur des grandes

questions nationales ;

• Signer des décrets d’application pour les lois votées au plus tard 6

mois après le vote.

Il est possible de valoriser la diversité et mettre en place des politiques qui l’utilise pour construire notre nation.

En cette veille du 20 mai, le CPP rappelle à l’ensemble des

camerounais/es qu’il est possible de gérer autrement, de célébrer l’unité nationale autrement, de se comporter en leader.

Au Cameroon People’s Party, nous avons choisi de bâtir ce Cameroun qui inclut, ce Cameroun divers, ce Cameroun Leader.

Rejoignez-nous pour qu’ensemble nous puissions réaliser cette révolution démocratique !

Le Peuple d’Abord !

Par Kah Walla

Présidente Nationale Cameroon People’s Party

*le chapô est de la rédaction.

Dernière modification le samedi, 14 mai 2016 09:20

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