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L’exclusion de certains partis politiques au défilé du 20 mai fait polémique Spécial

  • vendredi, 13 mai 2016 12:37
  • Écrit par  Ghislaine Ngancha N.

L’exclusion de certains partis  politiques au défilé du 20 mai fait polémique  

 

Nombre d’acteurs politiques estiment que cette décision est discriminatoire et illégale. Ils pensent d’ailleurs que cette décision préfectorale devrait être annulée par les autorités compétentes.

 

A quelques jours de la célébration  de la fête de l’Unité  nationale, les préparatifs  s’intensifient. Les civils, militaires et  autres s’activent aux répétitions de la  parade du 20 mai à Yaoundé. Seul  bémol, une décision du préfet du  Mfoundi, Jean-Claude Tsila, en date  du 20 avril 2016, crée le remous  dans les rangs de certaines formations  politiques de l’opposition.  En effet, le préfet du Mfoundi dans  sa note exclut les partis politiques  non représentés à l’Assemblée nationale  à prendre part au défilé du 20  mai de cette année. Une mesure qui  sera aussitôt relayée par ses pairs à  l’instar du préfet du Wouri, Paul Naseri  Bea. Selon le préfet Jean-Claude  Tsila, cette décision a été prise pour  réduire le temps consacré au défilé.  D’ailleurs, il l’avait déjà évoqué lors  d’une réunion de préparation avec le  ministre de la Jeunesse et de l’éducation  civique, Mounouna Foutsou  qui a la charge d’organiser le défilé  civil de la fête de l’Unité.  A en croire une source proche de la  préfecture, il s’agit également de recadrer  les partis politiques compte  tenu du contexte sécuritaire actuel.  A ce propos, Jean-Claude Tsila a reproché  au Cameroon people party  (CCP), le parti d’Edith Kah Walla,  d’avoir recruté des moto-taximen  pour renflouer son carré lors de la  parade de 2015. Mais ce dernier ne  s’arrête pas là en invoquant un  autre argument pour expliquer la  décision du préfet du Mfoundi. « Le  Cameroun va abriter un grand évènement  à la veille du défilé, la  conférence « Investir au Cameroun  » en l’occurrence. Plusieurs investisseurs  et économistes de renom qui  vont faire le déplacement de  Yaoundé pour participer à cet évènement  sont aussi invités à prendre  part au défilé. Pour les autorités administratives,  il n’est pas question  de laisser une faille parce que ces  partis peuvent être manipulés », explique  notre source.

 DECISION CONTROVERSEE 

Cette mesure qui tombe comme un  coup de massue sur les partis politiques  qui ne sont pas représentés  à l’Assemblée nationale est très  controversée. A l’unanimité, les responsables  des partis d’opposition  voient en cette décision une violation  de droit, un refus du vivre ensemble  et une discrimination des  camerounais. « La fête nationale  concerne tout le monde même les  cultivateurs. Elle n’est pas une fête  partisane. Si la fête nationale est  une affaire de politiciens, c’est  qu’elle n’est plus nationale. Cela devrait  être une occasion de communion  de tout le peuple et non une  affaire de quelques partis », s’indigne  Alexis Nyamsi, 2e vice-président  de l’Alliance des forces  progressistes (AFP), parti non représenté  à l’assemblée nationale. Un  point de vue que corroborent même  les partis présents au parlement. «  Les valeurs républicaines voudrait  que l’unité nationale soit célébrée  par tous les Camerounais sans discrimination.  Cette décision ne repose  sur aucune loi, ni règlement.  Nous pensons que le préfet du  Mfoundi a agi dans l’illégalité.  Quand l’Etat veut célébrer la joie du  vivre ensemble, on ne doit exclure  personne sous aucun prétexte »,  martèle Adamou Koupit, membre du  bureau politique de l’Union démocratique  du Cameroun (UDC).

 RAISONS INAVOUEES 

En condamnant la décision des préfets  du Mfoundi et du Wouri, Elimbi  Lobe, conseiller municipal du Social  democratic front (SDF), principale  force de l’opposition au parlement,  remet en question la légitimité de  leurs mesures. Il s’interroge surtout  sur les raisons latentes de l’exclusion  de certaines formations politiques  pour la célébration du 20 mai.  Au sens du militant du parti de la  balance, qui qualifie cette décision  d’arbitraire, il s’agit pour les autorités  d’entrer dans les bonnes grâces  du président de la République, une  forme de positionnement politique.  Pour Ghonda Nsunga, porte-parole  du Mouvement africain pour la nouvelle  indépendance et la démocratie  (Manidem), l’Etat est frileux et veut  empêcher les partis politiques d’accéder  au peuple, car dit-il seul le  peuple est capable de renverser le  pouvoir en place. « Cela traduit la  crainte de nous voir exprimer nos  revendications qui terniraient  l’image du gouvernement. Il dit que  nous faisons partie des organisations  politiques qui sont très radicales  dans la critique au sujet de la  gestion du président. Mais, nous  avons rétorqué que ce n’est pas un  argument légale », explique Franck  Essi, secrétaire général du CPP. En  conclusion, Alexis Mdema, président  de l’Union des populations du Cameroun  (UPC) branche des Fidèles,  pense que le gouvernement craint  d’offrir à ses invités et en mondovision  une facette de l’expression du  Cameroun profond.  Jean-Claude Tsila et Paul Bea Naseri  ne sont pas leur première décision  du genre. En 2007, le Manidem  avait été interdit de prendre part à  la parade du 20 mai à Douala et le  CPP exclu du défilé depuis 2011 à  Yaoundé. Toutefois, les opposants  ne comptent pas baisser les bras.  Certains ont déposé des requêtes  auprès des autorités. À ce propos,  Adamou Koupit reste optimiste et  pense que la décision puisse être  annulée. Mais, Elimbi Lobé du SDF  l’est moins. « Je ne pense pas que la  décision du préfet engage le gouvernement  mentionne t-il. Mais,  comme notre gouvernement est un  mauvais gouvernement nous ne serons  pas surpris qu’il ne dise rien. »   

Dernière modification le vendredi, 13 mai 2016 14:12

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