dimanche 20 mai 2018
Connexion S'inscrire

Connexion

FLASH INFO

Vincent Ongandzi : « pourquoi j’ai ‘’coupé’’ mon âge » Spécial

Invité au symposium de l’Anafoot sur la reconversion des footballeurs, le secrétaire général du Collectif des anciens Lions indomptables de football (Calif), explore les difficultés de ses pairs.


Comment préparer sa reconversion?


Déjà, il faut avoir un ou des projets, faire des formations pendant qu’on est encore en activités, penser à l’après-carrière et donc à la reconversion, car dans la plupart des cas, nous n’avons pas une pension retraite. L’Anafoot doit intégrer des modules en gestion ; ça peut beaucoup aider les footballeurs pour qu’ils sachent comment gérer leurs avoirs et qu’après leurs carrières ils continuent de pérenniser ces avoir en investissant de manière durable. Le problème est que l’argent du footballeur ne se cache pas. Et il y a des gens à côté, qui ont des besoins. Dans la plupart des cas, le footballeur est prêt à aider autour de lui, oubliant qu’un jour il prendra sa retraite et qu’il aura besoin de ces moyens parce qu’il n’aura plus les mêmes revenus. C’est pour cela que quand il arrête, n’ayant pas d’issue, il se retrouve dans un monde difficile. Il n’y a plus ces revenus, il n’a rien à faire, et parfois il n’a pas d’issue parce qu’il n’a pas de diplôme, il n’a pas de formation, il ne peut rien faire. Voulant garder le même rythme de vie, les économies sont parties, bonjour la misère, on a perdu les voitures, on a perdu la grande vie, les beaux vêtements. Ce sont les railleries. Si vous aviez 5 millions par mois, et qu’il en a été ainsi pendant 25 à 30 ans, vous ne les avez plus et vous voulez avoir le même standing de vie sur les économies que vous avez faites, vous ne vous en sortirez pas.


Qu’a prévu le Calif à cet effet ?


Le Calif est là juste pour assurer cette après-carrière. On a lancé plusieurs appels vers nos institutions, ça n’a rien donné, et nous nous sommes dits « prenons-nous en main. Le label Lions donne déjà une crédibilité ; cela suppose que nous pouvons ouvrir des portes et créer un fond d’investissement ». Ce fond d’investissement permettra de donner tout type d’assurance à nos membres pour la retraite : l’assurance maladie, l’assurance décès, et même l’assurance obsèques ; et à un certain moment, d’assurer des bénéfices car nous avons la possibilité de placer des fonds pour obtenir des revenus qui peuvent permettre d’aider certains cas. Nous avons une convention avec la fédération des footballeurs vétérans d’Europe, qui peut nous fournir des bourses de formation en entraînement ou en administration après la carrière.


Vous avez trahi un ‘’secret’’, la réduction de votre âge…


Il nous l’a été demandé en ce temps parce qu’il fallait prendre part à une compétition. Et cela nous est venu de l’extérieur. Ce n’est pas l’apanage du Cameroun. En Amérique latine ça se fait, même en Europe. Et ce sont les Européens qui nous ont emmené ça ici. Il fallait le dire car beaucoup sont bloqués ; certains ont eu des diplômes, mais avec ce petit réajustement ils sont bloqués parce que, après le football, il y a une vie et on peut continuer à utiliser les diplômes qu’on a eus avant et se reconvertir d’une très bonne manière et avoir une retraite plus confortable. On crève cet abcès pour qu’on soit aidés, pour qu’on soit assistés par les autres et par la nation, pour que ceux qui arrivent après ne commettent plus la même erreur. Ça entrave beaucoup à la réussite de la reconversion des joueurs.


Parlez-nous de votre cas…


C’était une compétition des moins de 20 ans et après le Bac et une année d’université, il fallait participer à cette compétition. On y a été et après une prestation brillante qui nous a valu une brillante participation à une coupe du monde. Après je suis allé en équipe sénior. Là-bas vous n’avez aucun problème parce qu’il n’y a pas de restriction d’âge. C’est votre performance qui peut vous faire échouer. Mais comme vous étiez déjà enregistré avec cette restriction d’âge dans la base de données de la Caf et de la Fifa, vous serez bloqués toute votre carrière avec cet âge. Maintenant quand il faut se reconvertir, revenir sur vos diplômes, vous avez des problèmes. Votre identité est incohérente. Ça devient compliqué. Vous pouvez seulement être autodidacte comme je l’ai fait jusqu’en 3ème année de gestion d’entreprise. J’ai de la connaissance, mais au Cameroun c’est plus le diplôme. Vous n’avez pas de diplôme, vous n’avez pas voix au chapitre. Je crois que jusqu’à preuve du contraire, il y a une solution qui sera trouvée pour que je puisse atteindre le niveau doctorat ; surtout que mon papa a souhaité que j’ai au moins le doctorat. Et le tertiaire allant jusqu’à 70 ans, un jour cela pourra être résolu. C’est pour cela que j’ai fait appel au gouvernement, à l’Etat pour que nous puissions être assistés et qu’on nous redonne la possibilité d’utiliser nos diplômes et rétablir un peu ce qui a été pris de l’autre côté. Moi j’ai une entreprise dans le génie civile.

LES DERNIERS ARTICLES

LES DERNIÈRES VIDÉOS

+ DE SPORT

0
Partages
0
Partages