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Crise anglophone : Julius Ayuk Tabe oublié par les siens Spécial

  • mardi, 15 mai 2018 20:39
  • Écrit par  Arthur Wandji

Plus de 100 jours après son extradition du Nigeria vers le Cameroun, il n’y a presque plus personne chez les séparatistes anglophones pour revendiquer la libération de leur leader.


26 janvier 2018. La nouvelle de l’extradition à Yaoundé de Sisiku Julius Ayuk Tabe, le leader du Southern Cameroon national council (Scnc), arrêté trois semaines plus tôt à Abuja au Nigeria vient de tomber. Tout de suite, les partisans de la sécession du Cameroun inondent les réseaux sociaux et lancent un ultimatum de 48h au régime de Yaoundé, pour libérer leur leader et ses camarades. Les séparatistes autoproclamés des régions anglophones du pays ont sérieusement envisagé que leur menace ferait plier le gouvernement. Mais, très vite, les affidés de la sécession ont abandonné le « dossier », et Sisiku Julius Ayuk Tabe avec !


Ayuk Tabe définitivement hors-jeu ?


Cela fait en effet plus de 100 jours que le « président » autoproclamé de la République imaginaire l’«Ambazonie » a été placé en détention préventive au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED) à Yaoundé. Depuis, il n’y a plus personne (ou pas grand-monde) chez les partisans de la sécession pour revendiquer sa libération. Julius Ayuk Tabe a visiblement été jeté aux oubliettes. Le mouvement sécessionniste aurait donc définitivement tourné la page de son leadership. Un Conseil de direction intérimaire de trois personnes a été mis sur pied au lendemain de son extradition à Yaoundé, non pas pour revendiquer la libération de leurs leaders arrêtés, mais « pour gérer les affaires courantes », avait indiqué à l’époque, Chris Anu, secrétaire général et porte-parole du mouvement sécessionniste. Et c’est Harmony Bobga qui a été choisi pour diriger ce Comité. Avocat au Barreau camerounais exerçant à Bamenda, un des fiefs de la contestation anglophone, Harmony Bobga est une figure connue du mouvement sécessionniste. Il a été l’un des instigateurs de la vague de protestation des avocats à l’origine de la résurgence de la crise qui a éclaté en octobre 2016.


Pendant ce temps, Sisiku Julius Ayuk Tabe est hors-jeu. Personne dans son camp n’a de ses nouvelles. Même pas ses avocats. « Je n’ai toujours pas pu rencontrer monsieur Ayuk Tabe. Et cela n’est pas normal. L’ennui c’est que je suis seul, et un homme seul contre tout un système ne peut pas faire grand-chose », s’indigne Me Clause Assira, l’un des trois avocats membres du collectif désigné pour défendre les leaders anglophones arrêtés. « Je fais partie des avocats qui ont été désignés pour le retrouver et s’entretenir avec lui en tant qu’avocats », dit-il encore. « On a essayé d’y aller, mais on a trouvé un certain nombre de difficultés qui nous renvoyaient à une autre période. Et depuis lors, je n’ai plus de nouvelle ni de mes coéquipiers (Me Agbor Balla et Me Akere Muna, Ndlr.), ni de la famille, ni de l’ordre des avocats, ni de la Commission des droits de l’homme du Barreau qui ne répondent pas ». Dans l’entendement explique-t-il, ça ne renvoie à rien du tout. « S’ils doivent être jugés et condamnés parce que les actes qu’on leur reproche le justifient, ils le seront. Mais à partir du moment où ils ont été déclarés comme étant des justiciables, qu’ils soient jugés conformément aux lois de la République. C’est ce que tout citoyen devrait demander ». Début février, d’autres avocats s’étaient plaint du manque de collaboration des éléments des forces de sécurité qui ne leur avaient pas permis de voir le leader « ambazonien ». Alors que son épouse, Lilian Ayuk Tabe, inquiète, avait dans une note largement diffusée sur les réseaux sociaux, demandé au gouvernement de lui faire parvenir une vidéo pour prouver que son mari est encore en vie. Il n’en sera rien.

Dernière modification le mardi, 15 mai 2018 20:46

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