dimanche 20 mai 2018
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Recensement des fonctionnaires : Une initiative plébiscitée par les bailleurs de fonds Spécial

Ces institutions promettent de continuer à soutenir les efforts du gouvernement à travers l'appui budgétaire.


En juin 2017, le Cameroun a signé avec le Fonds Monétaire International (FMI) et les autres partenaires tels que la Banque Mondiale (BM), le programme économique et financier triennal (2017-2019), appuyé par la Facilité Elargi du Crédit (FEC). Ainsi, dans le cadre de ce programme, les autorités camerounaises avaient entre autres convenus de procéder au recensement des agents publics fictifs. Et ce dans la perspective d’assurer une meilleure consolidation budgétaire, à travers l’assainissement de la dépense publique. C’est dire que l’opération de comptage physique des personnels de l’Etat initiée par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, n’est pas un phénomène ex nihilo. Plus simplement, elle s’inscrit dans le cadre des engagements que le Cameroun entend tenir, bien plus, des réformes nécessaires à mettre en place au cours de cette année pour non seulement réduire les dépenses de l’Etat, lesquelles se situent pour l’année 2017, à 4636,8 milliards de francs CFA, en baisse tout de même de 87,7 milliards de francs CFA par rapport à 2016. Mais il s’agit surtout pour le Cameroun, d’être éligible à la deuxième tranche que la Banque Mondiale entend mettre à la disposition du Cameroun. C’est dans cette perspective que la directrice des opérations de la Banque Mondiale au Cameroun, Elysabeth Huybens, s’est entretenue le 28 mars denier avec Louis Paul Motaze.

Au sortir de cet échange, la représentante de la Banque Mondiale déclarait que son institution prépare un document qui va aider le Cameroun à diminuer considérablement ses dépenses publiques : « on a aussi parlé du fait qu’on est en train de finaliser une revue des dépenses publiques qui peut-être peut aider le ministère à revoir certaines approches dans les dépenses publiques ». Elle précisait en substance que cette réforme était un préalable pour le dé- blocage de la deuxième tranche attendue par le Cameroun dans le cadre de l’appui budgétaire. Elysabeth Huybens n’avait d’ailleurs pas caché la détermination de son institution à continuer à accompagner le Cameroun dans ce sens : « nous comptons continuer en faisant une deuxième tranche de l’appui budgé- taire cette année (2018, Ndlr) ». C’est donc conscient du respect de la parole donnée que l’équipe conduite par Louis Paul Motaze engage cette ré- forme, en plus de celle relative par exemple à la réforme des marchés publics. Une réforme qui tient à cœur à la fois au FMI et à la Banque Mondiale. Cependant, la réduction des fonctionnaires fictifs dans le fichier solde de l’Etat se veut aussi bénéfique pour le Cameroun. Cyrille Edou Alo’o, directeur général du budget au ministère des Finances déclarait au cours d’une interview accordée à la télévision nationale que cette opération, par le passé, avait permis d’économiser plus de 9 milliards de francs CFA. Certains spécialistes affirment d’ailleurs qu’il est possible de mettre sur pied une Petite et Moyenne Entreprise (PME) avec un milliard de franc CFA comme capital. Ils expliquent donc qu’avec 9 milliards de francs CFA, l’Etat peut contribuer à la création de 9 PME, lesquelles pourraient employer au moins 50 personnes. Sans compter leurs effets sur l’ensemble de l’économie nationale. C’est dire qu’au-delà d’être une contrainte de la Banque Mondiale et du FMI, le dégraissage des effectifs de la fonction publique participe aussi à une meilleure gestion des ressources financières si chères pour le Cameroun en ce moment.

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