dimanche 20 mai 2018
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Sénat : Paul Biya, maître du destin de 58 sénateurs sortants Spécial

Jeux et enjeux d’une équation difficile à résoudre dans les prochains jours.


Selon la loi électorale, le président de la République dispose de dix jours pour nommer 30 sénateurs pour compléter les 70 élus au scrutin universel indirect. Et Paul Biya devra donc le faire au plus tard le 15 avril. Un texte qui est très attendu par l’opinion, tant la phase électorale a nourri bien d’attentes. Et à propos, pas moins de 60 sénateurs de la première mandature n’ont pas pu concourir le 25 mars dernier. D’une part Delphine Medjo et Francis Nkwain, qui sont décédés en cours de mandat, et d’autre part Emmanuel Nnemde que le parti d’attache a réduit en suppléant d’Eliane Koungou. Lequel n’a pas encore désespéré, s’il se réfère au cas Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, fait suppléant (de Madiba Songue), étant déjà ministre. Si le sénateur sortant du Centre n’a pas pu être reconduit, il a pleinement le droit de ne pas désespérer. Pas pour être élu, mais une simple possibilité d’être nommé ailleurs. La qualité de suppléant ne souffrant d’aucune incompatibilité avec d’autres fonctions nominatives.


Pour les 57 autres sénateurs sortants, beaucoup de facteurs nourrissent les enjeux, et compliquent du coup la tâche au président de la République. Entre la galanterie d’accorder quelques strapontins aux partis alliés, Paul Biya le non moins président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), devra nécessairement œuvrer à donner à son parti un contrepoids au sein du Sénat. Et le Social democratic front (Sdf), unique parti à avoir pu arracher quelques places le 25 mars dernier au Rdpc, est le mieux placé des partis d’en face pour l’avoir. Avec sept places glanées dans la région du Nord-Ouest, le parti leader de l’opposition est contraint à négocier trois sénateurs sur les trente, afin de compléter son groupe parlementaire. Ce que le parti de Ni John Fru Ndi ne demande pas, mais ne peut non plus refuser. D’ailleurs au Sdf, on y pense. «Je conseillerais que soient nommés parmi, le président de notre groupe parlementaire (Jean Tsomelou), Aboubakar Siroma notre tête de liste dans l’Adamaoua, qui est un jeune conquérant», propose un cadre du parti dans le Centre. Jean Tsomelou a perdu pendant que le chef de son village se faisait élire à l’Ouest. Paul Biya va-t-il étendre le bras qui a cassé le sien dans les Bamboutos ? Va-t-il nommer un 8ème militant Sdf dans le Nord-ouest ou sauver un dans l’Adamaoua? Ni John Fru Ndi est annoncé avoir été reçu à la présidence la semaine dernière. Jeune Afrique y voit les négociations en vue de la nomination du chairman à la Chambre haute du parlement. Faux, réagit Jean Robert Wafo, le ministre de la communication du shadow cabinet du Sdf ; dénonçant une «manipulation». Tout est possible en politique.

Mukete, Mbombo Njoya,...


Au sein de la majorité présidentielle élargie, on peut être certain d’avoir de réelles chances d’être choisi. En commençant par le Rdpc dont les nommés ont tous été recalés et sont condamnés à attendre un autre coup de grâce du président national dans son rôle de président de la République. Il est fort probable que Simon Achidi Achu soit reconduit parmi les trois du Nord-ouest, pour mieux contrôler de près le Sdf renaissant dans la région. Mais l’Udp, un parti qui s’est engagé dans cette région, peut espérer que la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest puisse lui porter bonheur. A l’Ouest et dans l’Adamaoua, les sièges échoués au Sdf il y a cinq ans, sont revenus au parti majoritaire. Du coup, il est facile pour Paul Biya de sacrifier les siens dans ces deux régions. L’Udc d’Adamou Ndam Njoya avait déjà craché sur la place de suppléant que lui avait accordée Paul Biya en 2013. Peut-être parce que Koupit Adamou, le concerné, ne pouvait accepter d’être assujetti au sultan Mbombo Njoya, adversaire patenté, mieux, ennemi dans le Noun. La tête de liste Udc à l’Ouest accepterait-il une place de titulaire ? Quid de l’Ums de Pierre Kwemo dont les sorties sont rares ? Mais Marcel Niat Njifenji et Ibrahim Mbombo Njoya sont déjà presque certains de retourner au sénat. Sauf si le ton trop libéral du leader du Rdpc à l’Ouest lui est préjudiciable. Autant que chief Mukete pourrait perdre sa place si Paul Biya se montre rancunier par rapport à la dernière sortie de leader traditionnel du Sud-ouest au sujet du président de la République et de la crise qui secoue le Nord-ouest et le Sud-ouest. Mafany Musongue qui s’occupe déjà de cette crise à la commission nationale du bilinguisme et du multiculturalisme, pourrait ne plus être reconduit.


L’Undp qui a candidaté dans les dix régions comme le Rdpc, sans rien récolter, est un allié soutenu depuis près de dix ans par le sommet du Rdpc. Le parti de Bello Bouba est très présent dans l’Adamaoua, mais c’est dans le Littoral que le parti avait eu son sénateur nommé. Pierre Flambeau Ngayap qui s’est battu bec et ongle pour passer par élection. En vain. Seule le décret pourra lui garantir un nouveau mandat de sénateur. Le Fsnc n’en rêve pas moins. Le parti d’Issa Tchiroma ne veut pas perdre complètement le Nord. Tout comme le Mdr de Dakole Daïssala l’Andp d’Amadou Moustapha. Pour sa part, l’Upc, faction Bapooh Lipot, veut aussi en bénéficier.


Mais le président de la République peut aussi élargir à d’autres personnes n’ayant pas encore flirté avec le sénat. Toutes les cartes se trouvent entre les mains de l’homme qui dispose jusqu’au 15 avril pour trancher.

 

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