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Crise anglophone : La leçon de Fru Ndi à Philemon Yang Spécial

  • mercredi, 21 mars 2018 20:18
  • Écrit par  Jean Luc Fassi

En maintenant le congrès de son parti à Bamenda malgré les menaces des sécessionnistes, le leader du SDf a refusé d’abandonner le terrain aux radicaux. Une attitude contraire à celle du Premier ministre qui a quasiment déserté son Nord-Ouest natal.

Ni John Fru Ndi et le SDF sont devenus les nouvelles cibles des partisans de la sécession du Cameroun. Pourtant, face aux attaques lancées contre son parti et lui, le Chairman du Social democratic front s’est illustré en « vaillant camerounais » prêt à défendre l’honneur de sa ville. « Ces sécessionnistes ne me font pas peur, a-t-il martelé. Ils ne pourront jamais m’imposer leur idéologie ». Quelques jours avant l’incendie – criminel, dit-on - qui a consumé une partie de sa résidence à Bamenda le 28 février dernier, le président du principal parti de l’opposition camerounaise a haussé le ton. « Vous [les partisans de l’indépendance de l’Etat imaginaire « d’Ambazonie »] n’êtes pas plus maquisards que moi… Venez, je vous attends », a-t-il lancé ce jour-là. Anglophone dans l’âme, Ni John Fru Ndi refuse de parler français, mais s’est toujours démarqué des séparatistes. « Ils me reprochent de ne pas soutenir leur cause », explique le leader du SDF, qui, officiellement, se sent le devoir de combattre les affidés de Sisiku Julius Ayuk Tabe, le leader sécessionniste incarcéré dans une cellule à Yaoundé. « On ne va pas abandonner la ville [de Bamenda] aux sécessionnistes criminels qui privilégient la lutte armée au dialogue », a toujours promis Fru Ndi. Une leçon de courage et d’audace qui, par contrecoup, peut atteindre l'image d’un Philemon Yang qui semble avoir renoncé à ses missions d’élite politique anglophone.


Yang fuirait-il Bamenda ?


Le premier ministre s’est rendu officiellement à Bamenda pour la dernière fois, le 16 octobre 2017. Le chef du gouvernement était en mission commandée pour « apporter le message de paix » du président de la République aux populations de sa région d’origine. Il avait rencontré des responsables des syndicats de transporteurs, d’enseignants, de commerçants et des opérateurs économiques dans le cadre de ce voyage. Depuis, plus rien. Ou presque. On ne l’a plus vu entreprendre des démarches officielles pour ramener le calme dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. On ne l’a pas non plus entendu élever publiquement la voix contre les exactions des sécessionnistes autoproclamés, ni tenir un discours visant à rassembler et à rassurer tous les fils de ces deux régions frondeuses, en ses qualités d’élite politique anglophone et de chef du gouvernement. Du coup, le sentiment vendu au public est que le premier ministre serait arrivé à un point de saturation dans le cadre de la gestion de cette crise qui dure depuis plus d’un an. Comme si les différents échecs que son directeur de Cabinet a accumulés lors de ses multiples rencontres avec les syndicats anglophones l’ont poussé à jeter l’éponge. D’ailleurs commente un journaliste natif de la région du Nord-Ouest : « quand le premier ministre n’est pas mis en mission par le chef de l’Etat Paul Biya, personne ne peut avoir le privilège de l’apercevoir dans les rues de Bamenda. On dirait qu’il fuit sa ville natale ».


Les séparatistes sautent sur le SDF


Fuir sa ville natale ? Ni John Fru Ndi a mainte fois laissé entendre qu’il ne le fera jamais. Même si son parti et lui continuent de recevoir des menaces de séparatistes. C’était déjà le cas peu avant l’ouverture de la session budgétaire de novembre 2017 à l’Assemblée nationale. A cette occasion, les sécessionnistes ont ordonné aux députés anglophones de démissionner de leurs fonctions parlementaires, promettant des représailles à tous ceux qui désobéiront à leur « instruction ». Certains partisans de la sécession ont même organisé des manifestations devant le domicile de l’honorable ses camarades ont entamé « l’opération blocus » visant à perturber les travaux à l’hémicycle pour une unique raison : l’inscription de la crise anglophone à l’ordre du jour de la plénière. L’objectif visé n’a pas été atteint, mais les images de députés SDF chantant à tue-tête pendant un discours du président de l’Assemblée nationale ont fait le tour de la toile. L’initiative des hommes de Ni John Fru Ndi n’a cependant pas convaincu les sécessionnistes. Tenez, la veille du Congrès du parti les 24, 25 et 26 février derniers, une nouvelle menace à surgi sur les réseaux sociaux : « nous sommes prêts à vous sacrifier, vous et les autres leaders politiques qui soutiennent le gouvernement terroriste de Yaoundé », ont écrit les séparatistes, interdisant au parti de la balance de tenir son Congrès à Bamenda. Initialement prévu dans les locaux de l’Eglise protestante, qui s’est ensuite rétractée, l’évènement politique s’est finalement tenu au Palais des Congrès du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Ce que n’ont pas digéré les séparatistes qui se seraient ensuite attaqué au Chairman en incendiant une partie de sa résidence à Ntarinkon. « C’est un incendie criminel : on a retrouvé un bidon d’essence non loin de l’entrée de la résidence. Les acteurs de cet acte criminel ne sont pas encore connus, mais ils n’iront pas loin », avait lâché un cadre du parti socialiste. Ouvertement menacé, le Chairman n’en démord pourtant pas. « Les francophones souffrent autant que mes autres compatriotes du centralisme du pouvoir, souligne Fru Ndi, un partisan du fédéralisme. Au nom de quoi devrais-je leur tourner le dos pour ne m’intéresser qu’aux anglophones ? ». Un parti pris qui pourrait bien coûter des voix aux candidats du SDF, lors des différentes élections à venir.

Dernière modification le mercredi, 21 mars 2018 20:25

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