jeudi 19 avril 2018
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Risques et opportunités économiques en zone Cemac

La BAD parle notamment de l’incertitude provoquée par le Brexit, les chocs des prix des matières premières et les menaces sécuritaires en Afrique.  

Ce n’est un secret pour personne. L’économie mondiale est confrontée à plusieurs défis majeurs : l’incertitude provoquée par le Brexit, les chocs des prix sur les marchés mondiaux des matières premières et les menaces sécuritaires à travers le monde et en Afrique. La menace d’une stagnation économique dans les économies avancées et les craintes persistantes de baisses rapides de la croissance en Chine sont également des facteurs de risques. Cependant, il existe quelques zones importantes de croissance, notamment dans les économies émergentes de marchés, qui « promettent des opportunités de croissance pour les économies de la région de l’Afrique centrale », indique la Banque africaine de développement (BAD).

Malgré le fléchissement des performances africaines en 2016, les perspectives de croissance à long terme pour la région de l’Afrique centrale restent cependant encourageantes. « La hausse des prix mondiaux des matières premières devrait alléger les contraintes budgétaires de nombreux pays », explique la Banque. Et alors que « la hausse des prix mondiaux du cuivre (16 %) et du cobalt (88 %) entre décembre 2016 et septembre 2017 ont entraîné une hausse de la production (+9,3 % pour le cuivre et +18 % pour le cobalt en RDC) », les pays de la région de l’Afrique centrale « mettent également en œuvre des réformes commerciales pour stimuler les changements structurels ». Par exemple cite l’institution en guise d’illustration, « la nouvelle politique industrielle du Gabon est axée sur le développement de zones économiques spéciales et l’attraction d’investissements directs étrangers (IDE). Un partenariat public-privé avec Olam, une multinationale agricole, en a notamment résulté ».  

Pendant ce temps, « les opportunités de développement économique dans la région comprennent les réserves de pétrole dans le golfe de Guinée, de vastes gisements de métaux et de minéraux, d’énormes ressources en eau dans le bassin Congo-Oubangui-Sangha et les Grands Lacs, et une grande forêt tropicale dans le bassin du Congo ». Ces ressources largement inexploitées et sous-utilisées à en croire le rapport sont, peuvent néanmoins permettre de « stimuler la croissance dans la région ». L’incertitude économique et politique risque d’entraver la croissance et elle a freiné des investissements dans plusieurs pays, dont le Cameroun, la Centrafrique et la RDC . Bien que le Cameroun continue de jouir d’une relative stabilité politique, la crise sociopolitique croissante qui affecte la zone anglophone, les tensions dans les zones frontalières liées à Boko Haram et les incursions des groupes rebelles en Centrafrique et au Tchad pourraient retarder les effets bénéfiques des politiques de promotion de la diversification et la croissance. Par ailleurs, l’absence de diversification économique, notamment l’extrême dépendance à l’égard du pétrole et de l’exploitation minière, rend les économies plus vulnérables aux chocs extérieurs. Toutes ces conditions peuvent accroître la volatilité de l’environnement macroéconomique.

Stabilité macroéconomique

D’après le rapport de la BAD, l’inflation dans la région de l’Afrique centrale était estimée à 10,1 % en 2017, contre 2,6 % en 2016. Elle devrait atteindre 10,4 % en 2018, puis chuter légèrement à 9,1 % en 2019. Celle-ci sera principalement tirée par la RDC, où elle devrait atteindre un taux à deux chiffres : 43 % en 2017 et 2018. Or pour la plupart des pays de la région, les taux d’inflation de 2018 et 2019 devraient être supérieurs à l’objectif de 3 % selon les critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour la zone franc CFA.

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