vendredi 20 avril 2018
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Prêts aux banques: désaccords entre le FMI et la Beac Spécial

Immeuble siège de la Beac Immeuble siège de la Beac

Dans une note publiée en décembre dernier, il ressort que le Fonds Monétaire Internationale (FMI) a encouragé la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(    Beac) de durcir les conditions    d’accès aux crédits, en procédant notamment    à une augmentation de son    taux directeur. Pour l’institution financière    internationale, cette mesure est    le meilleur moyen pour la Beac de    protéger ses réserves. De manière    précise, la baisse des cours des matières    premières que connaît les pays    de la Cemac, a eu comme effet collatéral,    l’épuisement des devises et    donc des réserves au sein de la Beac.    C’est dans cette perspective que,    pour limiter les effets pervers d’une    telle situation, le FMI a formulé la recommandation    sus évoquée à la    Beac. Malheureusement, cette proposition    s’est heurtée au refus des responsables    de la Beac qui ont fait    savoir à l’équipe du FMI qu’une telle    démarche était inappropriée. L’argument    de l’équipe de la Beac s’appuyait    sur un certain nombre d’indicateurs.    Principalement, « la reprise récente    des réserves (largement conforme    aux attentes), la révision à la baisse    des perspectives de croissance et    d’inflation, le resserrement des politiques    budgétaires et l’atonie du crédit    au secteur privé ». Compte tenu    de ces éléments, la Beac a estimé    qu’une nouvelle augmentation du    taux directeur n’était pas justifiée à ce    stade.    Le taux directeur, selon des experts    des questions financières, peut se définir    comme étant le taux d’intérêt,    mieux, le taux de refinancement minimum    à court terme institué par les    banques centrales telles que la Beac.    Ces dernières les utilisent pour piloter    leur politique monétaire et par conséquent,    contrôler la masse monétaire    et réguler l’activité économique de    leur pays. Ceci permet donc aux institutions    bancaires de se refinancer,    c’est-à-dire avoir accès à des ressources    financières additionnelles auprès    d’une banque centrale. En clair,    l’augmentation du taux directeur tel    que préconisée par le FMI réduirait la    possibilité des banques d’avoir un peu    d’oxygène en renflouant leurs caisses.    Consciente de cette situation, la Beac    a justifié sa position en avançant    qu’une « augmentation des réserves    exigerait à un certain nombre de    banques de se retrouver dans une    crise de liquidité compte tenu des plafonds    existants sur le refinancement    ». De plus, a-t-elle précisé, « l’absence    d’une facilité opérationnelle    d’urgence et d’imperfections du marché    monétaire contribuerait à aggraver    la situation ».    Même si elles ont semblé convaincues,    les responsables du FMI n’en    démordent pas. Ils ont réitéré le besoin    pour les autorités de la Beac de    mener des tests de résistance afin    d’évaluer la vulnérabilité des banques    à une éventuelle augmentation des    taux directeurs. Le FMI a poursuivi    en martelant qu’avec des réserves    encore bien inférieures à un niveau    adéquat, la Beac devrait rester vigilante    en surveillant étroitement les    aspects économiques, financiers, nationaux    et externes et être prête à    augmenter son taux directeur si les    réserves divergent des attentes actuelles.    L’équipe conduite par Abbas Mahamat    Tolli a rassuré le FMI qu’elle    reste fermement déterminée à mettre    en oeuvre une politique monétaire    visant principalement à    reconstituer une réserve tampon    suffisante à moyen terme. Pour ce    faire, la banque sous régionale a    convenu de suivre de près la liquidité    bancaire et d’utiliser ses instruments    de gestion des liquidités (taux    de réserve obligatoire et opérations    d’open market) pour s’assurer    qu’elle reste à un niveau compatible    avec la stabilité financière intérieure    et extérieure.    Il y a lieu de souligner que depuis la    signature de l’accord entre le Cameroun    et le FMI, la Beac a mis sur pied    une politique monétaire stricte qui    s’est traduite par une hausse de son    taux directeur en mars 2017 et un    contrôle rigoureux du refinancement    bancaire. Elle a en outre décidé d’éliminer    les avances statutaires dès fin    2017.   

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