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Crise anglophone : Où est passé Sisiku Ayuk Tabe ? Spécial

  • jeudi, 11 janvier 2018 10:01
  • Écrit par  Arthur Wandji

Le leader du mouvement séparatiste anglophone est porté disparu depuis 5 janvier dernier. ses partisans disent qu’il a été enlevé à abuja. ce que les autorités nigérianes démentent, alors que Yaoundé garde le silence.

Le 6 janvier 2018, la presse africaine s’est emballée au sujet de l’interpellation de 10 membres du mouvement qui mène la guerre contre les forces de sécurité camerounaise depuis plusieurs mois en régions anglophones. « Cameroun : le leader des sécessionnistes anglophones arrêté au Nigeria ». Très vite, l’information a barré la Une de plusieurs tabloïds et défilé en boucle sur les crawls de certaines chaines de télévision. Selon les faits qui sont rapportés par l’ensemble des médias, Sisiku Julius Ayuk Tabe, Dr. Nfor Ngala Nfor, Dr. Fidelis Nde Che, Dr. Henry Kimeng, Prof Awasum, Dr. Cornelius Kwanga, Tassang Wilfred, Barrister Eyambe Elias, Dr Ojong Okongho et Barrister Nalowa Bih, des leaders du Southern Cameroon national council (Scnc) tenaient une réunion dans l’une des salles de l’hôtel Nera à Abuja au Nigeria la veille, quand soudain, vers 19h30, ils ont été arrêtés. Tout de suite, des membres du Scnc pondent un communiqué dans lequel ils assurent que cette opération a été menée par des militaires camerounais… en terre nigériane. « Le gouvernement par intérim de la République fédérale d’Ambazonie condamne fermement l’enlèvement du président Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf autres officiels par des hommes armés de la République du Cameroun à 19h30 au Nera hôtel à Abuja au Nigeria, le 5 janvier 2018 », écrivent les séparatistes anglophones.

Le Nigeria dément

Pourtant, à l’inverse de la version rapportée par les militants du mouvement pour l’indépendance des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest Cameroun, la presse nigériane elle, parle d’une opération menée en toute discrétion par des agents du Département des services de l’Etat fédéral du Nigeria (DSS). Une information démentie ensuite par une source officielle des services de sécurité nigériane. « Il n’y a pas eu d’arrestation de Camerounais à Abuja », a déclaré un haut responsable du DSS à l’Agence France Presse (AFP), sous couvert d’anonymat.

Droits de L’homme

Une assertion qui tarde à convaincre. Au Nigeria en effet, des défenseurs des droits de l’homme sont montés au créneau pour réclamer la libération de Sisiku et ses camarades. C’est le cas de Falana Femi, un célèbre avocat nigérian résidant à Lagos qui a demandé au président Muhammadu Buhari d’ordonner leur mise en liberté. L’homme de droit soutient que puisque Sisiku et son groupe « sont entrés légalement au Nigeria, leur arrestation et leur détention par le gouvernement fédéral nigérian ne peuvent être justifiées par la loi ». Et de rappeler que « leur droit incontestable et inaliénable à l’autodétermination est protégé par l’article 20 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui a été ratifié par le Nigeria et le Cameroun ».

SILENCE A YAOUNDE ET ABUJA

Depuis, Yaoundé et Abuja ont adopté la même stratégie : garder le silence. Malgré les accusations et les multiples appels à la libération des leaders sécessionnistes anglophones, les deux capitales restent de marbre. « Selon toute vraisemblance, que ce soit les services camerounais ou nigérians, il est clair que c’est l’un ou les deux services de renseignement des deux Etats qui ont interpellé ces hommes. Or, le secret c’est l’une des grandes caractéristiques du renseignement. Et je ne suis pas surpris que les deux Etats aient fait le choix de ne pas en parler », analyse Dr. Raoul Sumo, spécialiste des questions de sécurité. D’après cet expert, la situation est d’autant plus sensible dans la mesure où « les personnes arrêtées ont un statut de réfugiés et bénéficient naturellement de la protection de l’ONU. Donc, les deux Etats ne veulent pas prendre sur soi la responsabilité d’être accusé de violer les conventions internationales en matière de protection des réfugiés. C’est pour cette raison que personne ne veut assumer la responsabilité de cette interpellation ». Pendant ce temps, l’opinion nationale et internationale est dépassée par les évènements. Les plus grands journaux européens ne trouvent pas grandchose à se mettre sous la dent. L’ONU et les ONGs observent de loin, sans doute en se demandant quel coup elles peuvent jouer dans cette affaire dont personne ne connait comment elle va se terminer.

Dernière modification le jeudi, 11 janvier 2018 10:10

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