jeudi 19 avril 2018
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Chantal Roger Tuile : Pourquoi mon inconstance et ma transhumance en politique Spécial

Le journaliste à la grande gueule justifie son nouvel engagement politique avec le mouvement Debout le Cameroun.


Vous lancez ‘’Debout le Cameroun’’ ; le Cameroun est-il assis ?


Debout le Cameroun d’abord parce qu’il y a l’obligation de redresser ce pays. Pour qu’un pays évolue, pour qu’il marche, il faut qu’il soit debout. Le Cameroun a atteint de tels bas-fonds de putréfaction, de pauvreté, de misère et d’injustice au point que, aujourd’hui, qu’il y a urgence. Il faut que le Cameroun se lève avant de recommencer à marcher. Je vais vous raconter une anecdote que j’ai lue dans le livre d’Henry Bandolo : un jour le président Ahidjo allait à Garoua, le président Biya le suivait, et tout le monde s‘est arrêté quand l’avion du président Ahidjo a décollé. Et le président Biya s’est mis à marcher, et tout le monde l’a suivi ; et le Cameroun a recommencé à marcher. Donc pour marcher il faut être debout.


Hier vous étiez militant de l’Upc, ensuite du Rdpc, puis vous avez flirté avec le Mrc, et aujourd’hui , comment comprendre cette transhumance ?


La transhumance n’existe pas quand la préoccupation essentielle c’est le Cameroun. Pour nous, l’essentiel c’est le Cameroun qui a existé quand nous n’étions pas, et qui sera quand nous serons partis. Le Cameroun est donc un objectif. Voyez-vous, je conçois la politique comme un car de transport qui part de Yaoundé pour Douala : si le car tombe en panne à Boumnyebel, si l’objectif c’est Douala, vous avez le droit de changer de voiture. Maintenant, j’en viens à la transhumance dont vous parlez. A l’Upc lorsque j’étais étudiant, j’étais président national des jeunes et il y a eu un congrès extraordinaire pour choisir le candidat du parti, il y en a avait cinq (Augustin Frédéric Kodock, Henry Hogbe Nlend, Ebode François, Bindzi Ebode François, Kanda Zogo, Henry Wilson Elouga), celui qui est passé premier est Hogbe Nlend, le mathématicien que nous avions choisi en légalistes. Le parcours universitaire achevé, j’ai comme vous-mêmes été séduit par Pour le libéralisme communautaire qui était un programme ambitieux pour le Cameroun. A l’intérieur du parti, le Rdpc naturellement, j’ai eu un problème de matérialisation des textes. J’étais de ceux qu’on a appelé les modernistes, avec quelques-uns que vous pouvez voir aujourd’hui près du prince, déjà ministres, d’autres à la Présidence de la République, suivez mon regard. Je suis parti du parti parce que je faisais partie de la commission de révision des textes du Rdpc. Ce que nous avons exigé, et moi à mon niveau, c’était que le Rdpc, dans sa première disposition, que ce ne soit pas «l’Unc devient le Rdpc». Cela vous impose d’avoir une légalisation telle que je viens de l’avoir pour Debout le Cameroun, cela vous impose de transmuter le matériau politique ancien de l’Unc dans le Rdpc nouveau. L’Unc ne peut pas être le Rdpc, puisque le Rdpc se voulait un rassemblement démocratique. Voilà pour le Rdpc. En ce qui concerne le Mrc, je le dis solennellement, je n’y ai jamais milité. J’ai eu le plaisir de me présenter à la municipalité de Yaoundé 6ème sous les couleurs d’un autre parti qui n’était pas le Mrc, mais c’était une opération ponctuelle.

Et Debout le Cameroun et un nouveau challenge ?

 

Alors pourquoi Debout le Cameroun ? Parce que j’ai l’impression que les trois leviers qui sont l’essentiel d’un pays, n’existent plus au Cameroun. Voyez-vous, le Christ est venu dans le monde pour apporter une nouvelle lumière. Et cette lumière était basée sur une tryptique. La justice : il est dit ‘’je peux juger, mais vous ne jugez jamais, de peur d’être jugés’’. La justice est malade au Cameroun et profondément. Je peux en parler, j’ai cinq procès, pour rien. Pendant qu’on accuse la dame d’adultère, le christ a demandé, ‘’que celui d’entre vous qui n’a jamais péché, lève le doigt’’, tout le monde a fui. J’ai compris que tout le monde fatalement est pécheur. Avant de juger, il faut se regarder dans un miroir. Le christ a enseigné : l’éducation est malade au Cameroun. Les problèmes de la crise anglophone viennent du fait qu’on n’a pas assez conscientisé les gens sur les risques d’une année blanche. Une année blanche c’est une génération de jeunes qui est morte et perdue, parce que les autres ailleurs au Cameroun ont composé et ont eu leurs diplômes. Quand vous accordez un salaire de 90 000F à un étudiant sorti de l’Ecole normale supérieure, à un monsieur qui a une licence, à un monsieur qui a une maîtrise, il va à l’école à pieds, à côté d’un fils de ministre qui roule en 4x4, ce monsieur qui donne le cours est aigri. Même s’il ne le fait pas savoir quand il compose, quand il corrige ses copies, il a ses ressentiments en lui. Maintenant, le christ a guéri : regardez le secteur de la médecine et voyez tous les scandales qu’il y a autour de la médecine aujourd’hui, les vols de bébé, les gens qui meurent parce qu’on ne veut pas s’occuper d’eux, parce qu’ils ont désargentés ; regardez la répartition des richesses de notre pays. La richesse étant tributaire de de la bonne santé évidemment. Bref il y a un réel besoin de santé pour les Camerounais. Un peuple qui est bien éduqué, qui est bien jugé, qui est bien soigné, est déjà le fondement d’une république solide. Voilà donc la tryptique soigner, éduquer, juger. Juger équitablement.


Vous lancez votre mouvement à quelques semaines de 2018, années de plusieurs élection ; peut-on s’attendre à vous voir candidat en 2018 ?


Cela dépend d’un long processus qui commencera le 8 janvier avec le lancement officiel de Debout le Cameroun. Afin que nul n’en ignore, il y aura effectivement énormément de manifestations publiques et populaires dans la capitale politique du Cameroun, où j’ai fait mes classes, où je suis né, où je suis resté. A l’adresse de la communauté internationale, toutes les représentations diplomatiques présentes au Cameroun invitées seront informées dans les prochains jours. Debout le Cameroun pourquoi ? Debout le Cameroun quand ? Debout le Cameroun pour les présidentielles ? Oui sans doute. Pour toutes les échéances électorales, parce que le président de Debout le Cameroun remplit toutes les conditions pour devenir candidat à cette échéance électorale. Je suis de ceux qui ont flirté avec Elecam, je peux le rappeler, je le pense, j’ai été victorieux à l’élection municipale à Yaoundé 6ème quand en seulement trois semaines, nous avons fait 6417 voix. Cela veut dire que nous comptons, cela veut dire que le peuple compte sur nous, cela veut dire que doit compter sur nous.


Vous pensez donc être le candidat de l’alternance au Cameroun ?


Oui, parce qu’il y a un besoin de réconcilier les deux générations : la génération qui se dit ancienne et la génération actuelle. La génération actuelle est ce qu’on appelle génération transitoire. La rupture a lieu généralement quand on fait un mauvais jugement sur les générations passées. Il y avait du travail, ces générations ont fait leur part de travail ; maintenant il faut tendre la main aux nouvelles générations, la génération de l’informatisation, la génération de l’informatique, la génération de l’informatique de la science. Parce que quand la science et l’informatique sont mises ensemble elles forment un levier important pour le développement du Cameroun. J’ai regardé comme vous avec consternation, le président de l’assemblée déclarer devant les médias qu’on n’avait pas besoin au Cameroun de l’internet, ni des autres formes d’informatique dans la science, dans l’éducation et dans la communication. C’est une erreur. Nous sommes justement au moment de l’informatisation de la science et de l’informatique.

Dernière modification le vendredi, 15 décembre 2017 17:59

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