mardi 23 janvier 2018
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Claude Guéant et les autres chefs d’Etat africains

D’Abdoulaye Wade, Obiang Nguema à Omar Bongo en passant par Paul Kagame, l’ancien secrétaire  général de la présidence de la République française livre ses impressions sur ces chefs d’Etat.     

«J’ai fait partie du cercle  des puissants,  associé durant des  années à toutes les décisions qui  comptaient…je rencontrais les  chefs d’État ». Ces mots sont de  Claude Guéant, ancien secrétaire  général de l’Elysée sous l’air Sarkozy,  « l’homme de confiance du  président », comme il se définit  lui-même. Pendant quarante années  durant, il dit avoir côtoyé  ministres, patrons, artistes et  chefs d’État. Au nombre desquels  les présidents africains, qui selon  lui, « ont à cœur de cultiver un  lien personnel avec le président  de la République française. Ils  veulent lui parler souvent ». Or,  poursuit Claude Guéant dans l’un  de ses ouvrages, « même avec la  meilleure volonté du monde, il ne  pouvait joindre Nicolas Sarkozy,  j’avais de temps à autre ces  chefs d’État au téléphone ».  C’est ainsi que le « cardinal »  s’est construit une idée des chefs  d’État africains.         

Abdoulaye Wade : l’ambitieux       

Selon Claude Guéant, l’ancien président sénégalais était un homme plein d’ambition pour le continent. Quand il en avait l’occasion, il ne manquait pas de lui faire part de sa volonté de   voir créer une ceinture   verte traversant le Sahara, afin de redonner de la vie à cette région des   plus arides. Mais il posait   aussi quelques fois des « besoins » pour son pays, écrit Claude Guéant. « Il pouvait s’agir de besoins très concrets, comme celui d’un chef de service pour l’hôpital de Dakar ou de groupes électrogènes d’EDF pour alimenter sa capitale en électricité ».       

Sassou Nguesso : toujours élégant       

« Sous son exquis courtoisie, ses  interlocuteurs ont du mal à discerner le chef de guerre qui avait conquis le pouvoir les armes à la main », écrit Claude Guéant au sujet du président congolais. Il le présente d'ailleurs comme un homme « toujours élégant », avec qui, il a eu des contacts réguliers. Mais il précise en outre qu’après qu’il eut satisfait à l’ensemble des demandes du Fonds Monétaire International, en partie grâce aux efforts du Club de Rome animé par la France, « Sassou Nguesso m’avait envoyé une très belle lettre manuscrite de deux pages, que j’ai conservée ».      

Idriss Deby Itno : le formidable guerrier   

Le président tchadien est présenté par Claude Guéant comme un formidable guerrier qui luttait pour maintenir la tranquillité dans son pays et la paix au Soudan. En 2008, l’entrée des rebelles dans la capitale a amené la France à proposer son aide à Idriss Déby, en l’exfiltrant en hélicoptère. « Il a refusé », martèle Claude Guéant. Avant de conclure qu’ « il s’est sorti d’affaire avec les quelques hommes qui l’entouraient, à la mitrailleuse ».   

Omar Bongo : un sincère ami de la France

Le président gabonais Omar Bongo entretenait avec Claude Guéant des rapports qui allaient au-delà du cadre formel, c’est-à-dire des liens d’État à État. L’ancien secrétaire général de l’Elysée souligne à propos qu’il s’est rendu au Gabon pour prendre part à la veillée funèbre de l’épouse d’Omar Bongo. Il décrit d’ailleurs l’attitude du président gabonais lors de ces obsèques. « Tout petit, recroquevillé dans un grand fauteuil, son chagrin faisait peine à voir ». Mais ceci n’a en rien entaché l’image qu’il garde de Omar Bongo, « un sincère ami de la France ».

Paul Kagame : le modeste

Claude Guéant dit s’être vu confié certaines missions pour des raisons pragmatiques. Son voyage au Rwanda en 2009 fut de celle-là. Même si ce pourquoi il s’y était rendu, à savoir rétablir les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda n’a pas mis long feu, il dit avoir gardé quelques impressions du président Kagame. « Sa capitale est étonnante de propreté et de bonne tenue…pas un papier, pas un sac plastique ne traîne ». Il continu en affirmant qu’ « il vit dans une villa modeste et ses bureaux sont dépourvus du moindre luxe ». Tout en relevant les critiques des pays occidentaux à l’endroit de Paul Kagame, Claude Guéant s’insurge lorsqu’il s’interroge « au nom de quoi l’Occident a-t-il son mot à dire sur le droit des peuples africains à choisir leurs gouvernants ? ». Pour l’homme d’État français, Paul Kagame mérite mieux que du dédain car, « il a réalisé un travail essentiel à la tête de son pays, où la corruption, qui fragilise tant d’États d’Afrique, n’existe pas ».

Kadhafi : un personnage complexe

Le contact entre Claude Guéant et le leader libyen Kadhafi a comme principaux fondements la question sécuritaire et le renoncement aux armes de destruction massive. Il s’y était rendu pour la première fois en 2005 afin de préparer la visite de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Et le prétexte s’y prêtait. « Les services de renseignement libyens entretenaient des relations de travail efficaces avec les nôtres concernant le terrorisme. Il fallait les cultiver », explique Claude Guéant. Sur la question du renoncement aux armes de destruction massive, l’ancien secrétaire général de l’Elysée écrit que Khadafi souhaitait construire une relation « apaisée » avec l’Occident. « C’était le devoir de la France de contribuer à consolider le retour dans le concert des nations d’un pays qui avait utilisé me terrorisme de façon dramatique ». La pomme discorde est apparue lorsque le leader libyen s’opposa à la volonté de la France de le voir rejoindre l’Union pour la Méditerranée. ‘ « Il ne l’a jamais accepté », martèle Claude Guéant. De plus, l’opposition manifeste de Khadafi aux Etats-Unis a valu à ce dernier d’être tout à tour qualifié par Claude Guéant « d’homme complexe », mais surtout d’ « homme impénétrable », car il n’avait jamais vu celui-ci manifesté le moindre sentiment ou la moindre émotion.

Laurent Gbabo : « il me donna du fil à retordre »

L’obstination de l’ancien président ivoirien à demeurer à la tête de l’État depuis plusieurs années sans organiser d’élections donna du fil à retordre, écrit Claude Guéant. « Je devais lui rappeler régulièrement que seul un scrutin incontestable permettrait à la France de renouer des relations normales avec son pays », affirme-t-il.

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