mercredi 24 janvier 2018
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Patricia Ndam Njoya: « Je n’ai jamais cherché à faire du mal à un collègue du Rdpc » Spécial

Après l’annulation de sa conférence de presse prévue lundi dernier par le président de l’assemblée nationale, la député de l’Union démocratique du Cameroun revient sur les points forts qui auraient meublés cet échange tout en expliquant sur son écart de comportement au cours de la séance d’adoption du budget.

Vous aviez prévue une conférence lundi dernier avec les journalistes du Club politique. Mais cette rencontre a été interdite à la dernière minute. Que s’est-il réellement passé ?

 Nous étions convenus de nous retrouver ce matin (lundi 12 décembre dernier, Ndlr) à l’hôtel des Députés avec les journalistes du Club politique. A mon arrivée, le directeur de l’hôtel m’a fait comprendre que je ne pouvais plus tenir la conférence de presse. Bien avant, j’ai reçu un coup de fil du directeur du protocole du président de l’Assemblée nationale, qui m’a fait savoir que les députés Rdpc ont saisi le président de l’Assemblée nationale (AN) pour lui dire que je n’ai pas à faire une conférence de presse à l’hôtel des Députés parce que cet acte constitue pour eux une provocation. C’est ainsi qu’il m’informe que je n’ai pas le droit de faire cette conférence à l’hôtel des Députés. Pourtant, je suis une républicaine, je suis un député élue, je représente un parti politique. Nous sommes un groupe de députés alors comment quatre petits députés (ceux de l’UDC, Ndlr) pourraient troubler plus de 150 députés Rdpc. Je constate avec amertume que le président de l’AN est uniquement le président des députés Rdpc, puisque ce sont eux qui lui ont demandé de nous empêcher l’accès à la salle de conférence. Je me demande bien si c’est le président de l’AN qui dirige l’hôtel des Députés mais aujourd’hui son attitude me laisse le croire. Je me pose à présent la question de savoir si l’hôtel des Députés appartient seulement aux députés du Rdpc ?

 

Quels sont les sujets sur lesquels vous devriez vous entretenir avec la presse ?

 

Nous devrions changer avec les journalistes sur quatre points forts de l’actualité à savoir : l’adoption de la loi de finances, l’incident malheureux que nous avons eu à l’Assemblée nationale au cours de l’adoption de la loi de finances, l’Udc et la présidentielle de 2018. Nous devons également échanger sur la crise anglophone qui nous préoccupe tous. Il était en fait question pour nous de donner notre position et notre vision sur ces quatre éléments.

 

En revenant sur l’incident de vendredi dernier au sein de l’hémicycle, Pourquoi avez vous violenté votre collègue du Rdpc ? Est-ce une rancœur contre ce parti fortement représenté ?

 

Je suis à l’Assemblée en tant que représentante des populations, porte-parole d’un parti politique qui est présent dans cette assemblée depuis l’ouverture démocratique dans notre pays. Pour nous à l’Udc, le vote de la loi de finances est un moment très important pour la vie parlementaire. L’adoption et l’examen de la loi de finances pour nous républicains est une phase importante. Ce d’autant plus que c’est la seule occasion pour nous de pouvoir apporter notre contribution. Ceci parce que depuis que nous sommes à l’Assemblée nationale, nous n’avons jamais eu l’accès à la Commission des finances. Nous avons d’ailleurs relevé que c’est une violation des droits parlementaires. Les députés de l’Udc n’ont jamais été commissaire à la Commission des finances et vous savez tous que pour qu’une loi de finances puisse être adoptée, de par les mesures préconisées en République, il faut le plus de participation possible c’est-à-dire qu’on ait la contribution de tous les partis politiques représentés à l’AN. Donc pour nous, la plénière d’adoption était la seule occasion de présenter notre opposition. Je puis vous dire que de 16 h 30 min quand nous avions commencé cette adoption, jusqu’à 20h30 min, quand le président a déclaré que la loi était adoptée, je travaillais sur notre intervention. Nous étions les premiers à soulever nos chevalets. Nous l’avons fait pendant plusieurs minutes et je me souviens que le président a déclaré clos la discussion sans même daigner nous accorder la parole. Ce qui est inadmissible et incroyable. Etant exaspérée, j’ai balancé le chevalet que je brandissais en me demandant à quoi il me sert. Malheureusement, un de mes collèges a reçu ce coup en passant. Je lui ai présenté mes excuses pendant et après la session et je remercie Dieu que ce coup n’a pas été porté sur son œil.

Mais cela ne justifie pas une telle violence… Je n’ai jamais cherché à faire du mal à un collègue du Rdpc. Nous ne sommes pas là pour subir le Rdpc. Je ne trouve pas correct que le président ait ignoré de nous donner la parole. Je ne suis pas une figurante, nous de l’Udc nous ne sommes pas des figurants à l’Assemblée nationale et nous ne devons pas subir d’autres partis politiques nous aussi nous avons notre mot à dire. J’ai l’impression que mes collègues majoritaires ont reçu des recommandations parce qu’aucun d’eux n’a soulevé son chevalet pour prendre la parole. Alors comment voulez vous que nous les députés de l’Udc nous réagissions. Nous avons été élus par des milliers de Camerounais pour qui nous portons un message. La prise de parole est un de nos droits. Aujourd’hui vous venez de voir que l’hôtel des Députés appartient au Rdpc, le président de l’AN est du Rdpc et il n’écoute que les députés du Rdpc.

Dans ce contexte vous comprenez l’opération Blocus lancée par le Sdf ?

Je ne sais pas pourquoi vous voulez ramener l’Udc à un parti politique de l’AN. J’ai dit depuis novembre 2016 que l’Assemblée en tant que pouvoir avait les dispositions réglementaires pour se saisir de la question anglophone et c‘est un droit. Il est du devoir du parlement qui représente les populations de le faire qu’il y a des articles de la constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée qui permettre de porter la question de la crise anglophone à l’ordre du jour d’un débat, qui permettent également nous permettre de constituer une commission spéciale pour débattre de ce sujet ou un commission d’enquête parlementaire. Nous avons été déçus pendant les sessions de mars et juin derniers que l’Assemblée gère aussi mal le problème anglophone. Je rappelle qu’il est inadmissible que le parlement ne se saisisse pas de la question.

Quel est la position de l’Udc par rapport à l’opération de Blocus initiée par le SDF ?

 

Notre rêve en tant que députés de l’Udc est que l’Assemblée nationale joue pleinement son rôle. Nous souhaitons que cette institution soit un pouvoir, soit ce pouvoir que le parlement représente souveraineté nationale et qu’il exerce l’autorité de l’Etat. Nous venons en assemblée pour adopté les lois et contrôler l’action du gouvernement qui sont des missions constitutionnelles. Malheureusement, les lois que nous adoptons ne sont pas des simples lois qui viennent pour apporter des solutions aux problèmes des Camerounais. Un député en commission ne peut pas apporter un amendement sur le projet de loi de finances parce que les délais d’examen de dudit projet sont courts.

 

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