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Enquête : vérité sur le pr françois suzanne du Chracerh

  • jeudi, 07 décembre 2017 12:28
  • Écrit par  Ghislaine Ngancha

Alors qu’il a été interdit de pratiquer la médecine en France, pour abus sexuel sur ses patientes, ce  gynécologue, chirurgien plasticien continue ses activités au Cameroun. 

Centre hospitalier  de recherche et  d’application en  chirurgie endoscopique et  reproduction humaine  (Chracerh), il est 11  heures. Le soleil darde ses  rayons sans modération.  Les bruits de marteau brisent  le silence de cimetière  qui règne dans l’enceinte  de ce centre hospitalier de  référence, en matière de  chirurgie endoscopique et  de reproduction. A l’accueil,  deux vigiles s’attèlent  à filtrer les entrées et  les sorties des usagers. «  Que désirez-vous madame  ? », interroge l’un d’entre  eux. « J’aimerai rencontrer  le Dr François Suzanne  », répond-t-elle. Après  quelques secondes de silence,  il réagit, un peu embarrassé,  « qui vous l’a  recommandé ? Je ne  pense pas qu’il soit encore  ici (au Cameroun). Vous  savez, c’est un saisonnier,  il exerce dans cet hôpital  quand on le sollicite mais  cela fait des semaines qu’il  ne vient plus ». Par entêtement,  nous insistons  pour prendre un rendezvous  avec lui pour ses  prochaines interventions.  Au service de renseignement  dans le Hall climatisé  de la bâtisse, qui nous  éloigne de la canicule externe,  une jeune dame  nous fait savoir qu’il faut  être recommandé par un  hôpital ou un médecin de  renom pour faire partie  des patients de ce gynécologue  chirurgien français.  « Dr François  Suzanne n’est pas permanent  ici puisqu’il s’occupe  de la chirurgie plastique  mammaire », renseigne-telle  en nous instruisant de  prendre attache avec le  service d’enregistrement  et de rendez-vous. Dans  ce bureau, la femme chargée  d’enregistrer les patients  demande avec un  ton condescendant «  pourquoi cherchez-vous le  Dr François Suzanne ? »  après explication, elle  ajoute avec hésitation et  d’un ton apaisé « Je ne  maitrise pas son agenda.  Il faudrait d’abord vous  faire suivre par un médecin  d’ici qui verra s’il y a  nécessité qu’il vous suive  parce qu’il ne réside pas  au Cameroun. En plus, il  n’est pas permanent au  Chracerh ». « Est-ce  qu’on rencontre le type de  médecin aussi facilement.  C’est un grand. Il ne  consulte pas n’importe  comment et n’importe  qui. Si c’est urgent va rencontrer  le directeur »,  lance une dame en blouse  blanche. A la direction,  aucune information n’est  donnée sur lui ou sur son  agenda car seul le directeur  (cependant indisponible)  est capable de  donner avec exactitude le  planning de ce gynéco  français nommé à la prestigieuse  université Stanford  (Californie). 

« UN MALADE » AU  SERVICE DES  CAMEROUNAIS 

Dans les arcanes du Chracerh,  le personnel vante  ses prouesses et ses mérites.  « Le Cameroun a la  chance de bénéficier de  l’expérience d’un aussi  grand gynécologue.  Aucun gynécologue camerounais  ne lui atteint la  cheville », raconte l’un  d’entre eux tout survolté.  Et pourtant, ce gynécologue  réputé d’environ 69  ans, avait été écroué par  la justice française pour  agression sexuelle sur  cinq de ses patientes, il y  a plus de dix ans. « François  Suzanne prenait des  clichés de ses patientes  dénudées qui n’avaient  rien à voir avec son travail...  Désorientées, et  face à une telle sommité,  plusieurs se sont laissé  abuser. Lui parle de « documents  professionnels »  pour des conférences. De  grands chirurgiens ont  jugé l’intérêt médical de  ces images « très limité ».  La justice aussi », relate  en 2007 le site français  Le Point .fr. En clair, le gynécologue  et chirurgien  clermontois de renommée  mondiale avait été  condamné à deux ans de  la prison ferme, radié de  l’Ordre des médecins français  et interdit d’exercer  alors qu’il avait 59 ans. Il  avait déjà été condamné  en 2000 à deux ans avec  sursis pour « des faits  analogues sur une patiente  ».  Mais après avoir purgé sa  peine, François Suzanne a  continué d’exercer dans  d’autres pays, comme au  Cameroun (Chracerh),  sans toutefois être inquiété.  Mais comment «  ce malade » comme le  qualifiait une de ses victimes  a-t-il fait pour travailler  librement dans  notre pays ? Selon des  sources médicales, ce médecin  est recommandé  par une haute autorité du  gouvernement. Donc, il  est impossible pour l’Ordre  des médecins du Cameroun  ou tout autre médecin  qui désire garder son  poste de s’opposer au recrutement  de ce Français.  « Nous l’exploitons juste  pour son expertise afin  qu’il puisse aider nos  soeurs. Il est vieux aujourd’hui  et je ne pense  pas qu’il puisse encore  commettre les mêmes  fautes. Il a des problèmes  avec l’Ordre des médecins  de la France mais pas du  Cameroun. S’il continue  d’abuser les patientes,  qu’elles se plaignent et  nous allons prendre nos  responsabilités », explique  un médecin sous anonymat. 

TOUJOURS  EN SERVICE 

En effet, François Suzanne  n’est pas, à en croire des  sources concordantes, employé  du Chracerh puisqu’il  ne fait pas partie des effectifs  de cet hôpital réputé  pour ses fécondations in  vitro et sa chirurgie plastique.  C’est dire que celui  à qui la France doit la première  intervention dans le  domaine de la reconstruction  mammaire immédiate,  avec prélèvement de la  paroi abdominale dans le  traitement du cancer du  sein, intervient juste pendant  les campagnes avec  l’accord des dirigeants.  Ainsi, il s’occupe de la chirurgie  endoscopique et de  la chirurgie plastique mammaire.  Ce qui ne plait pas  à certains Camerounais. «  Il n’est pas raisonnable  qu’un médecin avec une  carrière aussi sale puisse  venir aisément exercer au  Cameroun. C’est néocolonialisme.  Pourtant, il y a  des gynécos camerounais  meilleurs que lui, qu’on  n’exploite pas. Nous avons  toujours ce complexe d’infériorité,  le Blanc connait  plus que nous. Ce qui n’est  pas logique. Il est temps  de sortir de ce dogme et  faire confiance à nos frères  noirs », martèle un observateur  en furie. Quoiqu’il  en soit, des indiscrétions  laissent croire qu’il reviendra  au Cameroun dans  quelques mois, question  de réunir ses patientes à  opérer. 

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