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Croissance : les révélations d'un centre de recherche americain

  • jeudi, 07 décembre 2017 12:06
  • Écrit par  Junior Matock

Le groupe bancaire américain Citi Bank, a récemment publié une étude qui démontre que le taux de croissance du produit intérieur brut ne sera que de 4,6 % dans trois ans. Dans l’intervalle, les projections sont de 4,4 % en 2018, 4,5 % en 2019 et 4,3 % en 2020.  

 

Le groupe bancaire américain, à travers son centre de recherche Citi Research, a récemment publié une étude portant sur le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) du Cameroun. Et ce, jusqu’en 2021. En se basant sur l’analyse des indicateurs de l’environnement macroéconomique du pays, ce centre est arrivé à la conclusion selon laquelle le taux de croissance du PIB du Cameroun en 2021 sera de 4,6 %. En d’autres termes, le Cameroun n’atteindra pas 5 % de croissance avant 2021. De même, selon les résultats Citi Research, le taux de croissance du PIB pour les années 2018, 2019 et 2020 sera respectivement de 4,4 %, 4,5 % et 4,3 %. Cette situation s’explique en grande partie par plusieurs facteurs, selon Citi Research : la baisse continue des cours de matières premières, la question sécuritaire traduite par la guerre menée contre la secte islamiste Boko Haram, les élections à venir de 2018 et l’éventuelle crise post-électorale. Mais surtout, la dévaluation de la monnaie nigériane, le naira, ce qui n’est pas sans conséquences à la fois sur les exportations du Cameroun que sur la production locale. L’autre argument avancé par les experts de la Citi Research est le retard dans la mise en oeuvre de l’ajustement budgétaire pour faire face à la baisse des recettes pétrolières, la réduction lente dans les dépenses gouvernementales. En ce qui concerne les cours des matières premières, Citi Research souligne que le prix du pétrole par exemple sera maintenu jusqu’en 2018, mais, qu’au-delà, les perspectives sont pour un prix plus faible. Ceci s’explique par le fait qu’au premier trimestre 2018, on enregistrera une autre chute et le prix sera en dessous de 60 dollars, même s’il est prévu une légère hausse vers le deuxième trimestre de cette même année. En clair, on observa des prix de loin inférieurs aux 115 dollars enregistrés au premier trimestre 2014, année du début de la chute des cours des matières premières.

Cependant, on note en ce qui concerne le taux de croissance projeté par Citi Research que ces chiffres sont en deçà des projections faites dans le cadre du Document stratégique pour la croissance et l’emploi (Dsce). En effet, il y est notamment contenu que la vision à long terme du Dsce est centrée sur l’accélération de la croissance. Celle-ci visait par conséquent à « porter la croissance à 5,5 % en moyenne annuelle dans la période 2010-2020 ». Or, au regard des indicateurs sus mentionnés, certains analystes avancent que cet objectif sera difficilement atteint. Mais pour le directeur général de l’économie au ministère de l’Economie, Isaac Tamba, même si le Cameroun fait face à des vents contraires, le pays demeure enviable en termes de croissance. Dans une interview accordée en mai dernier au quotidien Mutations, il affirmait que « en 2017, la sous-région a une croissance estimée à environ 1%, mais le Cameroun, malgré tout est aux alentours de 4% ».

Il convient de relever que lors de la présentation de cette étude, le groupe bancaire Citi Bank a réaffirmé sa volonté d’accompagner le gouvernement dans la mise en oeuvre de sa politique de développement économique. Il a par exemple été en 2010, co-arrangeur principal pour le premier lancement d’un emprunt obligataire dans la devise locale de 200 milliards de francs CFA.

UNE DETTE EXTERIEURE PROJETEE A 12 % EN 2021

Outre le taux de croissance, Citi Research fait également une projection sur la dette extérieure du Cameroun. D’après ce centre, le niveau des emprunts extérieurs du pays atteindra 12 % en 2021. Mais dans l’intervalle, le taux d’endettement du Cameroun est projeté à 9,4 % en 2018, 10,4 % en 2019 et 11,2 % en 2020. L’explication avancée par Citi Reaserch tient au fait que pour financer le compte fiscal et le compte courant, le gouvernement a augmenté ses emprunts sur le marché et auprès de la banque centrale pour continuer à financer son déficit, lequel a été plus important que prévu en 2015 et 2016. Cela s’est traduit par l’épuisement des réserves et donc l’endettement, bien que, précise Citi Research, le niveau d’endettement global du Cameroun reste relativement faible.

Dernière modification le jeudi, 07 décembre 2017 12:27

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