mardi 12 décembre 2017
Connexion S'inscrire

Connexion

FLASH INFO

Transport en commun : Yaoundé privé de ses bus Spécial

Le personnel est rentré en grève ce matin, pour arriérés de salaires et de mauvaises conditions de travail.


«Nous réclamons quatre mois de salaires. Le salaire n’a pas une date fixe ; les mois élastiques qui atteignent les 40 et 45 jours ne nous donneront jamais espoir. Depuis la rentrée, nous n’avons rien perçu, et on ne fait que nous donner rendez-vous. On en a marre d’attendre», s’est explosé Nazareth Kuingwa, chauffeur à Stecy ce matin, dès l’arrivée des journalistes au siège de la Société de transports et équipements collectifs de Yaoundé (Stecy). Très tôt le matin, les employés de cette société de transports intra-urbains de la ville de Yaoundé ont pris d’assaut le siège de leur entreprise sis au lieu-dit Bata-Nlongkak. Le rendez-vous ayant été donné depuis la veille. Court-circuitant le management de l’entreprise. «C’est rare, mais c’est le directeur général lui-même qui a signé le document promettant le salaire pour ce 8 décembre. Donc s’ils s’étaient mis en grève lundi prochain, on aurait compris car le délai serait déjà passé», réagit Jean Marie Mbéga, le chef de la division marketing, communication et relations publiques de Stecy. Trop tard. «Il y a eu plusieurs négociations qui n’ont abouti à rien. Il a déjà donné plusieurs rendez-vous. Il ne va pas continuer à nous tromper», bote en touche Nazareth Kuingwa. «Quand on regarde mon habit, on voit bien qu’il n’a pas été lavé, et nous sommes un lundi. Or depuis quatre mois je paie le taxi pour venir au travail, sans salaire. Le bailleur menace, on ne parvient pas à nourrir nos familles, les enfants ne parviennent pas à fréquenter sereinement car on n’a pas encore payé la scolarité», enfonce Ojong James.


Radicalisme


Les grévistes n’ont d’ailleurs pas que la question d’arriérés de salaires. «Nous avons un collègue à l’hôpital, il a été percuté par un benskin quand il venait a travail ; ses deux pieds sont cassés; c’est nous qui cotisons pour ses soins», rapporte un employé. «Les véhicules sont assurés, mais quand vous faites un accident, on vous l’impute. Un véhicule vous percute, on vous impute l’impute», se plaint Nazareth Kuingwa. «Je travaillais auparavant ici ; un matin, à mon arrivée, j’ai découvert une note affichée au mur qui dit que je ne dois plus avoir accès à la base, sans me payer mon salaire, ni mes droits. C’est ça que je suis venue chercher aujourd’hui. Quand j’avais réclamé, ils m’ont dit que c’est 30 mille mon salaire, j’ai contesté, ils ont reconnu 63 000F, j’ai dit donnez car je ne voulais plus discuter ; ils m’ont demandé de venir le 30 (novembre) ; ce jour-là je suis venu, ils ont dit le 1er, et ils n’ont pas toujours honoré le rendez-vous», se plaint Eunice Ngati.


Du côté de l’administration, on soupçonne un complot. «J’ai l’impression qu’il y a un agenda caché derrière cette histoire. Comment comprendre que les gens refusent d’attendre le délai donné par le directeur général pour leurs salaires ?» se demande ce cadre. «On ne peut pas parler de tout à la fois. Les problèmes doivent se poser l’un après l’autre. On ne peut pas résoudre tous les problèmes à la fois», propose-t-il. Prêchant à des sourds. «Aucun bus ne bougera tant que nos salaires ne sont pas payés», ont prévenu les grévistes en chœur.

Dernière modification le lundi, 04 décembre 2017 21:55

LES DERNIERS ARTICLES

LES DERNIÈRES VIDÉOS

+ D'ARTICLES DE SOCIÉTÉ

0
Partages
0
Partages