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François Nkeme, directeur des éditions proximité : « Le livre sera désormais moins cher » Spécial

  • lundi, 04 décembre 2017 13:50
  • Écrit par  Ghislaine Ngancha

Après le combat acharné des éditeurs pour le retour au livre unique, le gouvernement a enfin adopté des mesures    qui révolutionnent le manuel scolaire dans notre pays. Cet éditeur et enseignent énumère les principales réformes    et relève les avantages de l’utilisation du livre unique.   

Le Premier ministre a signé    une circulaire et deux décrets    relatifs au respect de la    règlementation en vigueur    dans le choix, la production,    la distribution et la durée de    l’utilisation du manuel scolaire    et autres matériels didactiques.    Quels sont les    changements majeurs introduits    ?  

 Je voudrais d’abord préciser que    ces décrets du Premier ministre    est une grande avancée dans le    système éducatif, puisqu’ils énoncent    le retour au livre unique pendant    six. C’est-à-dire que, nous    partons six ou sept livres par matière    à un seul livre. En plus, le    livre reste six ans au programme    sans être changé. Le gouvernement    s’engage également à offrir    cinq livres aux élèves des écoles    publiques comme cela se fait en    Côte d’ivoire. Cette gratuité constitue    un plus pour notre système    scolaire.   

Le retour au livre unique va    priver un grand nombre    d’éditeurs des retombées du    marché du livre. Pourquoi appréciez-    vous cette mesure    alors même que vous êtes    éditeur ? 

  Ces décisions du Premier ministre    est une révolution puisque c’est un    combat que nous avons longtemps    mené. Le marché du livre scolaire    ne se jouait pas sur la qualité du    contenu mais sur la puissance    commerciale. Les éditeurs se livraient    à bataille commerciale    pour que leur livre soit programmé    dans les établissements. D’ailleurs,    lorsqu’il y a cinq ou six livres au    programme pour une seule matière,    c’est normal qu’il y ait une    bataille commerciale et généralement,    c’est le plus offrant qui    gagne.    Au niveau des examens, le fait qu’il    ait six ou sept oeuvres cause un    énorme problème. Imaginer que    l’enfant n’a pas lu tous ces livres et    qu’il faille interroger. Vous convenez    avec moi que l’abondance des    livres par matière était un problème,    c’était du mercantilisme de    l’éducation.    Le retour au livre unique par matière,    pendant six ans, va donc    permettre de chasser tous les    aventuriers du marché. Il est vrai    qu’avec cette réforme du manuel    scolaire plusieurs éditeurs vont    perdre des marchés mais n’oublions    pas qu’avant d’être éditeur,    nous sommes aussi parent.    Il ne faut pas que les éditeurs regardent    les parts des marchés    qu’ils vont perdre. Mais qu’ils sachent    qu’il n’y a pas que le livre    scolaire parce qu’un éditeur doit    pouvoir produire des livres même    s’il ne gagne pas le marché du livre    scolaire.    Mais, cela va nous permettre aussi    de voir les vrais professionnels du    livre et identifier ces éditeurs qui    n’investissaient que dans le livre    scolaire.   

Quelle incidence le retour au    livre unique peut avoir sur les    prix du livre ?   

Il y a une incidence financière    énorme. Vous savez qu’en édition    plus vous tirez les livres plus ça    vous revient moins cher. Mais    quand vous tirez les petites quantités,    ça vous revient cher. Or, l’éditeur    qui gagnera le marché d’une    matière devra produire assez, de    manière à approvisionner tout le    pays. Ce qui lui reviendra moins    cher. Par conséquent le prix    du livre sur le marché sera    abordable. Il faut le dire, le    livre sera désormais moins    cher.   

Mais beaucoup de    consommateurs doutent    de la capacité des    éditeurs à satisfaire la    demande quand il s’agit    de produire pour l’ensemble    du territoire.    vous êtes de cet avis ? 

  Non, je ne pense pas. C’est    un mauvais argument parce    que même si l’éditeur n’a    pas des liquidités pour produire    les livres alors qu’il a    gagné un marché, les    banques vont le suivre et lui    accorder le financement    dont il a besoin tout simplement    parce qu’il n’a pas de    concurrent. Elles savent qu’il ne    peut pas perdre en investissant.  

 Le gouvernement s’engage    par ailleurs à offrir cinq livres    pour les élèves inscrits dans    les écoles publiques. Comment    peut-on comprendre    cette gratification de l’etat ?   

Nous avons toujours parlé de la    gratuité de l’école primaire au Cameroun    et je trouve que cette mesure    s’inscrit dans la continuité de    cette politique gouvernementale.    Dans les pays comme la Côte    d’ivoire, le marché du livre scolaire    se fait par appel d’offres. Et ces livres    sont par la suite distribués    dans les écoles primaires. Cette    décision est donc très importante    parce qu’il y a des enfants qui vont    à l’école sans livre parce que    leurs parents n’ont pas de    moyens de les en acheter. Est-ce    parce que le parent est démuni    que l’enfant est condamné ? Non.    C’est pourquoi le gouvernement    leur donne la possibilité de s’instruire    au même titre que les enfants    nantis. Il faut aussi noter    que l’Etat a des devoirs comme le    devoir d’éduquer ses citoyens.   

Quelle était l’opportunité de    créer une commission pour    le suivi et l’évaluation à côté    du Conseil d’agrément ?  

 Vous convenez avec moi qu’on    retrouvait six à sept livres par    matière sur le marché pourtant le    premier arrêté du chef du gouvernement    n’en autorisait que    trois. La Commission d’agrément    des manuels scolaires existait    pourtant. Cela voudrait dire qu’il    n’y avait pas un suivi-évaluation.    Je pense que comme le Premier    ministre a créé une Commission    pour le suivi et l’évaluation, elle    va rendre compte des dérives et    des sanctions seront appliquées à    tous contrevenants.   

Pensez-vous que l’etat peut    pérenniser ces différentes    mesures ?   

C’est notre souhait, en tant    qu’éditeur. De toute façon, je    trouve ces mesures courageuses    parce que le problème de livre    scolaire nous en parlons déjà depuis    une vingtaine d’année au    Cameroun. Prendre ces mesures    c’est déjà une énorme avancée    pour nous les professionnels du    livre.   

Quelles seront les retombées    de ces décisions du    Premier ministre ?   

Déjà sur le système scolaire, les    enfants auront un livre de qualité    en termes de contenu. Le prix du    livre va baisser, autrement dit, il    sera moins cher. Les parents    pourront faire des économies    dans la mesure où les cadets    pourront utiliser les livres de    leurs ainés et les livres de seconde    main seront accessibles.   

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