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Crise Anglophone : Le jeu trouble du SDF Spécial

  • lundi, 04 décembre 2017 13:02
  • Écrit par  Jean Luc Fassi

Le parti de Ni John Fru Ndi s’est engagé dans un bras de fer avec le gouvernement en pleine session à l’Assemblée nationale. Mais jamais, le parti ne s’est levé pour dénoncer les attaques sécessionnistes qui sont menées chaque jour en régions anglophones.

Ceux qui attendent toujours une descente des députés du Social democratic front (SDF) dans les rues de Bamenda, Buea, Kumba et Mamfe, en vue d’une sensibilisation des populations pour un appel au calme, peuvent s’en mordre les doigts. Les élus du parti de Ni John Fru Ndi ont choisi l’Assemblée nationale comme terrain de bataille, à l’effet de trouver des solutions définitives à la situation tendue qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ils menacent de bloquer les travaux de l’Assemblée, tant que la crise anglophone ne sera pas inscrite à l’ordre du jour de la session qui se déroule au Palais des Verres de Ngoa- Ekéllé à Yaoundé. Une attitude qui étonne plus d’un observateur. D’avis d’experts en politique, le combat que mène le SDF à l’Assemblée nationale est un peu paradoxal. Parce que le parti n’a jamais (ou très rarement) dénoncé avec la même violence et le même engagement, les exactions commises depuis des mois, par les séparatistes autoproclamés de la République imaginaire d’Ambazonie en zone anglophone. « Chaque jour, des établissements sont incendiés. Et le SDF dont la plus importante base électorale se trouve dans ces deux régions, ne dit rien. Les opérations de villes mortes se multiplient, des commerces sont pillés, des tracts circulent de maison en maison pour menacer quiconque enverrait son enfant à l’école. Le SDF ne trouve pas cela anormal. Des éléments de nos forces de sécurités sont attaqués et tués. Le SDF ne trouve rien à dire. Mais curieusement, ce parti veut nous faire croire qu’il s’intéresse plus que tous les autres, à cette crise », s’étonnait un analyste.

COMMENT LE SDF VEUT REPRENDRE LA MAIN

D’après lui, si aux yeux du monde, les derniers évènements liés à la crise anglophone sont une menace pour le Cameroun, pour le SDF, ils représenteraient au contraire une aubaine. Une occasion de reprendre la main, alors que les extrémistes semblaient occuper le devant de la scène. Tenez, dans ses colonnes du 28 novembre dernier, Jeune Afrique informe que deux jours plus tôt (le 26 novembre, Ndlr.), John Fru Ndi a reçu dans sa résidence, le président du Consortium de la société civile anglophone, Me Agbor Balla, celui de l’Anglophone dialogue forum, Simon Munzu et celui de l’United socialist democratic party (Usdp), Prince Ekosso. Les quatre figures du Nord- Ouest ont échangé sur la crise dans ces régions frondeuses depuis plus d’un an et sont tombés d’accord sur l’opportunité de travailler ensemble à une « conférence en vue d’un dialogue national ». Ils ont signé à cette occasion un communiqué commun dans lequel ils appellent « Paul Biya à mettre fin à l’arrestation continue de personnes et à faire libérer immédiatement tous ceux qui ont été arrêtés et détenus dans le cadre de la crise anglophone, comme il l’avait ordonné le 30 août 2017 ». Les quatre demandent encore à Yaoundé de faciliter le retour au Cameroun des réfugiés ayant fui la crise et sollicitent pour ces dernier une amnistie générale.

CHANTS ET UN BLOCUS A L’ASSEMBLEE

Trois jours plus tôt, c’est dans une ambiance bien plus survoltée que le SDF avait officiellement lancé son bras-de-fer avec le gouvernement, en pleine session parlementaire. L’un de ses députés avait pris la parole pour dénoncer le manque d’engagement de la Chambre basse visà- vis des troubles qui agitent les deux régions anglophones, provoquant l’ire de ses collègues du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Ceux-ci quittaient alors l’hémicycle, tandis que des députés SDF entamaient des chants hostiles au régime en place. « Il n’y aura aucune délibération, aucune plénière. Nous exigeons avant toute chose, l’ouverture d’un dialogue inclusif sur la crise anglophone », expliquait alors Jean-Michel Nintcheu, député SDF du Littoral. Un premier ultimatum de ce parti favorable au fédéralisme, 72 heures avant que John Fru Ndi ne lance son appel au dialogue, le 26 novembre 2017. « L’enlisement de la crise et les revendications des sécessionnistes obligent le SDF à s’écarter de cette mouvance en rappelant à l’opinion nationale et internationale sa position unique en faveur du fédéralisme », ajoutait Grégoire Birwe, vice-président du parti.

Dernière modification le lundi, 04 décembre 2017 13:15

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