lundi 20 novembre 2017
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Yimga Moussa : «Que le gouvernement prépare les armes pour nous tuer»

Le président de l’Association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anosilp) livre les détails de la manifestation que son organisation organise dès ce 7 novembre 2017, en vue d’exiger la réparation des torts commis aux acteurs de ce secteur et qu’ils imputent à des personnalités tapies dans l’ombre du chef de l’Etat.

Pourquoi l’Anosilp descend dans la rue ?


Si nous organisons une marche en direction de la Présidence de la République et de l’ambassade de France, c’est parce que nous sommes dépassés. Nous ne comprenons pas qu’un chef d’Etat, père de la nation, donne des instructions pour résoudre u problème depuis le 10 septembre 2014, et que trois ans après, rien ne soit fait. Et nous posons la question de savoir si le chef de l’Etat est encore écouté par se ministres. Lui qui est l’autorité suprême du pays. Alors nous nous sommes dit qu’il faut que nous nous déportions là-bas, parce qu’en dehors de cela, il y a d’autres problèmes. Les acteurs du secteur informel sont tous les jours dans la souffrance, sous le soleil et sous la pluie. Ils sont toujours dans la rue, alors que le chef de l’Etat avait demandé de les recaser. A côté de cela, il avait demandé qu’on rembourse l’argent des acteurs de l’informel qui avait été escroqué à plus de 12000 Camerounais et qui se chiffre à plus de quatre milliards de francs ; pour le financement de leurs activités. Il y a également le commissaire du 2ème arrondissement, Ondoa Ndi Marcel, qui passe le temps à les piller, à détourner les fonds publics, à inciter les acteurs du secteur informel à la révolte. Compte tenu de la situation actuelle, nous posons la question : ‘’il joue pour qui ?’’ Est-ce qu’il ne serait pas une racine de Boko Haram ? Il joue pour quel intérêt ? Nous nous demandons aussi ‘’que fit le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé quand le chef de l’Etat donne des instructions ?’’ Nous sommes sidérés quand on nous parle des hangars qui ont été construits à 1 milliard 500 millions. Il s’agit de deux hangars qu’on pouvait faire à 100 millions de francs, et qui ne sont même pas faits pour les acteurs du secteur informel ! Ce sont de grands commerçants qui ont acheté. Donc aujourd’hui les acteurs du secteur informel sont abandonnés à eux-mêmes. Nous avons dit ‘’trop c’est trop’’. C’est pourquoi nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin. Et nous demandons aux acteurs du secteur informel, aux étudiants, à tout le monde, de faire en sorte que ce jour, ce 7 novembre 2017 soit une date pour l’histoire. Et ce n’est que le début, le 7 novembre, jusqu’à la résolution de nos problèmes. Donc nous lançons notre mouvement en direction du chef de l’Etat qui est le père de la nation, afin qu’il soit au courant de ce nous vivons tous les jours ; parce que nous souffrons véritablement. Ces acteurs n’arrivent plus à se soigner, n’arrivent plus à manger, n’arrivent plus à envoyer leurs enfants à l’école. Vraiment, trop c’est trop. Le secteur informel n’est pas la vache-à-lait de gens qui vont venir s’y ravitailler chaque fois qu’ils ont un problème. Le commissaire du 2ème arrondissement avait dit que tant que le délégué général à la sûreté nationale est là, ainsi que le délégué à la Communauté urbaine, il va faire dix ans au marché Mokolo. Nous avons même déposé une plainte au niveau du parquet et ils ont bloqué le dossier, pour que ça n’avance pas. C’est pourquoi nous disons que cette arche va nous permettre de dénoncer la souffrance des acteurs du secteur informel, demander le soutien du chef de l’Etat.


En quoi consisteront vos manifestations et jusqu’à quand comptez-vous tenir ?


Nous ne pouvons pas vous donner une date ; il y a d’abord la première marche, des grèves de la faim, des sit-in. Nous ne pouvons pas déterminer. Ce n’est que la résolution des problèmes qui pourra déterminer l’arrêt des manifestations.


Concernant le recasement des acteurs de l’informel, vos enquêtes indiquent que qu’est-ce qui bloque ?


Je vais vous dire une chose : le chef de l’Etat est toujours à l’écoute. Je vais dénombrer un certain nombre de choses que nous avons demandées et il a donné : nous avons demandé un ministère des Petites et moyennes entreprises, il a créé, nous avons demandé le Piasi, il a donné, bref les institutions pouvant encadrer le secteur informel. Il a donné en 2009, neuf hectares à Mvog Betsi, 200 boutiques au marché central. En 2010, il a fait construire des boutiques à Mokolo et en 2012 il a fait construire des hangars, et en 2014 il donne des instructions au gouvernement de recaser et rembourser cet argent. Donc le chef de l’Etat est à l’écoute de tout ce que nous faisons. Le problème est que les acteurs n’en bénéficient pas ; ça prend d’autres chemins, ça devient le gombo du délégué et son réseau.


Est-ce que vous avez des preuves de ce que vous dites ?


Nous avons des preuves, et je vais vous dire qu’à cause de ce problème, j’ai déjà fait 20 fois la cellule. Lorsque nous faisons des déclarations, nous avons des preuves. S’ils veulent les preuves, on va les leur donner. Et eux-mêmes savent que nous avons des preuves et ils ont étouffé l’affaire. Dernièrement lorsque nous avons dénoncé les détournements de fonds publics, ça nous a couté 21 jours de garde administrative, et ils ont étouffé l’affaire, mais ils ne peuvent pas car nous avons déjà saisi l’opinion nationale et internationale. Il y a même des partis politiques qui nous soutiennent dans cette démarche-là, parce que de par leur influence, les partis politiques peuvent réussir à atteindre le chef de l’Etat dans ce dossier. Nous avons également saisi les homologues du chef de l’Etat à travers les courriers électroniques, notamment ceux de l’Afrique centrale, s’ils peuvent transmettre nos doléances au Chef de l’Etat. Donc nous sommes en train d’utiliser plusieurs canaux pour que le chef de l’Etat soit au courant. Ce ne sera plus comme avant ; le chef de l’Etat compte sur le secteur informel. Je pense que ces gens sont des ennemis du chef de l’Etat parce que s’ils travaillaient pour le chef de l’Etat, nous ne serions pas arrivés à ce niveau.


Autant de canaux empruntés, vous pensez être écoutés par tous ces intermédiaires ?


Il y aura des retours parce que nous utiliserons beaucoup de chemins. Nous sommes des Camerounais et nous avons des gens qui nous soutiennent, qui nous aident et qui nous permettent de pouvoir faire comprendre au chef de l’Etat soit au courant de notre problème. Ils veulent faire croire au Chef de l’Etat que nous voulons le chasser du pouvoir alors que c’est eux qui essaient de le faire. Lorsque ces gens détournent l’argent du secteur informel, ils mettent une somme dérisoire comme 200 millions pour mobiliser les affamés du quartier pour défiler au nom du Rdpc et chanter les louanges au chef de l’Etat, adire que tout va bien, alors qu’ils sont en train de le tromper. Il faut que le chef de l’Etat sache que ses ministres ne l’écoutent pas, ils sont là seulement pour voler. Et quand ils volent, ça leur permet de se pavaner sur la place publique comme le 6 novembre, faire du théâtre, mobiliser les gens avec de l’argent volé, l’argent des impôts du peuple qui souffre, pour faire le tape-à-l’œil au chef de l’Etat alors qu’ils sont en train de le tromper. Je me dis même que ces gens-là, c’est eux les gens de Boko Haram, parce que je ne comprends pas comment des gens qui disent être avec le chef de l’Etat peuvent inciter les acteurs du secteur informel au soulèvement, à la révolte.


Qu'est-ce que la France a à voir avec l'histoire de 4 milliards dont vous parlez ?


Le Pid a utilisé ses réseaux au sein du gouvernement pour escroquer 4 milliards. Ils ont pris l’argent aux opérateurs du secteur informel et aux prestataires de services. C’est que, quand vous aviez besoin d’un financement pour un projet, vous donniez comme apport personnel 10% et des garanties telles que le titre foncier, les papiers de voitures et ils promettaient de vous donner les financements après trois mois. C’est un ministre qui en était gouverneur. A un moment, ils ont même utilisé le nom de la belle-mère comme marraine pour se donner de la crédibilité et blanchir leur argent. Avec la crédibilité des drapeaux camerounais et français. Et ces gens étaient même gardés par des militaires et des policiers. Ça donne de a crédibilité. Avec tout ça, ils ont emballé beaucoup de Camerounais. Nous avons quand même le renseignement. Quand les renseignements généraux ne font rien, c’est pour dire qu’ils sont crédibles ; car c’est le renseignement qui est l’œil du chef de l’Etat, l’œil des Camerounais. Lorsque ces gens ne le font pas, vous comprenez qu’ils sont en complicité.


Jusqu’où comptez-vous aller, par ces moments délicats ?


Laissons cette affaire de délicatesse. A l’heure actuelle des Camerounais sont en train de mourir. Même les problèmes de l’autre côté (zones anglophones, Ndlr), c’est la même chose ; ce sont les problèmes de tous les Camerounais. La seule chose que nous condamnons c’est la tentative de division car les revendications soulevées sont réelles. Nous souffrons des mêmes problèmes. Telle que cela a commencé ici, ça peut devenir compliqué comme là-bas. A l’heure actuelle, nous irons jusqu’au bout. S’ils veulent, qu’ils préparent leurs armes pour nous tuer ; mais l’opinion nationale et internationale que nous avons saisies en seront témoins. S’ils veulent, nous allons demander le dialogue, pour que les choses se passent dans la transparence et la légalité. Mais comme ils ont les moyens et nous rien, ils croient que c’est par les armes qu’on va régler ce problème. Mais nous sommes prêts pour le dialogue. S’ils pensent que c’est par les armes qu’ils vont résoudre le problème, il n’y a pas de problème ; on est là. Ils vont nous tuer. Et l’histoire retiendra ce qui s’est passé au Cameroun. Déjà, l’affaire anglophone est déjà en train de poursuivre le Cameroun.


Vous réclamez le dialogue ou de l’argent ?


C’est pour dire qu’il n’y a que le dialogue pour régler un problème. Mais ce n’est pas quatre milliards qui peuvent dépasser le gouvernement camerounais. Et je tiens même à vous dire que l’Anosilp ne réclame pas quatre milliards. L’Anosilp réclame un milliard 550 millions qui est l’argent de ses membres. Sur les 12000 membres concernés, l’Anosilp a 3200 membres. Ce n’est donc pas ce milliard et demi qui peut dépasser le gouvernement camerounais à débloquer. Ce n’est rien à côté du budget du Cameroun. S’ils aimaient vraiment le chef de l’Etat, un milliard cinq cent millions n’est rien par rapport à la vie des Camerounais qui sont en train de mourir. C’est même un coup d’Etat scientifique qu’ils sont en train de fomenter contre le Chef de l’Etat. Si le délégué du gouvernement travaillait pour le chef de l’Etat, ce ne sont pas les espaces qui manquent ; nous avons proposé au chef de l’Etat l’extension de Mokolo qui est à 6 hectares maintenant, mais c’est ça que le délégué est en train de vendre aux députés, aux hommes d’affaires et aux conseillers municipaux. C’est pour dire qu’il n’aime pas Biya. Il est même parmi ceux qui veulent que Biya parte. Nous avons proposé Casino qui est à côté de la boulangerie Acropole, pour recaser les vendeurs de livres de l’Avenue Kennedy, et qu’on pouvait recaser les autres gars de l’Avenue Kennedy dans les 6 hectares de Mokolo. Ça aurait résolu le problème. Donc vous comprenez que ces gars ne roulent pas pour le chef de l’Etat et veulent son départ. C’est pourquoi nous disons qu’il faudrait qu’ils sachent que nous ne sommes plus dupes. Lorsque nous déposons les lettres à la Présidence de la République, on les récupère pour leur donner ; c’est pourquoi nous contournons désormais pour remettre ces lettres au chef de l’Etat, afin que ça puisse arriver. Il va recevoir ces lettres, j’en suis sûr. Nous sommes convaincus qu’il va les recevoir et ils seront surpris. Nous sommes d’ailleurs sûrs que des têtes vont tomber.

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