mercredi 18 octobre 2017
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Menace de sécession : Le gardien du temple de la Réunification sort de sa réserve Spécial

Le sultan roi des Bamoun appelle à la responsabilité et milite pour une décentralisation.


«Notre unité, notre cohésion et notre stabilité dans la diversité, et le caractère composite de notre nation sont non-négociables, car ces valeurs ont été acquises de haute luttes. Elles ne sont donc pas marchandables». Ibrahim Mbombo Njoya se voit contraint de convoquer ces propos tenus lors de la dernière édition du festival culturel Ngouon des Bamoun en novembre 2016. Le sultan du royaume qui abrita la conclusion des négociations pour la réunification survenue le 1er octobre 1961 rappelait alors qu’«ils étaient venus du nord, du sud, de l’est, du Centre, du littoral, du Nord-ouest, du sud-Ouest, nous retrouver ici à l’Ouest, parce qu’ils voulaient nous léguer un Cameroun un et indivisible». Alors, le successeur de celui qui abrita les travaux de Foumban, en sa qualité de dignitaire influent sur toute la région des Grassfield en particulier, interpelait la région en ces termes : «faisons tout pour sauvegarder, voire conserver jalousement cet héritage précieux. Soyons toujours des acteurs intelligents, perspicaces, des artisans inlassables de l’unité du Cameroun». En sa qualité de descendant de Nchare et donc gardien du temple où fut enterré le nombril du Cameroun post colonial, Mbombo Njoya qui voyait de loin le développement de la crise dont les premiers signaux étaient alors émis en cette fin d’année 2016, est donc sorti de sa réserve, interpellé par diverses voix. Pour jouer sa partition dans la quête d’une sortie de crise. «Le dialogue et rien que le dialogue est seul à mesure de mettre un terme au problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui», clame-t-il. Le dignitaire du régime déclarait que «nous ne condamnons pas systématiquement les auteurs des revendications, car quand on a choisi la démocratie comme système politique, on doit savoir qu’elles font partie de la panoplie des règles lui la régissent». Pour autant, «ces revendicateurs peuvent être de bonne foi mais il ne faut pas qu’ils oublient que d’autres peuvent saisir cette occasion pour régler leurs comptes personnels ; ce qui aboutit forcément aux troubles menaçant ainsi la sécurité des hommes et des biens, lesquels engendrent tout naturellement l’intervention des forces de l’ordre», mettait-il en garde.


Tacle contre Paul Biya ?


Ce que redoutait le monarque est arrivé. Une année scolaire a été troublée dans les deux régions en crise, la nouvelle année n’y échappe pas vraiment, les villes mortes se portent bien, le pays est au bord d’une sécession. Le gardien du temple de la Réunification monte au créneau pour tenter d’empêcher l’explosion de la bombe. «J’ai la ferme conviction que le dialogue de manière globale, incluant toutes les couches de la population», sensibilise-t-il. Soulignant que la décentralisation reste un passage incontournable en l’état actuel des dispositions légales. « Si la décentralisation équitable est effective, en cas de mauvaise gestion de celle-ci, les populations s’en prendront à ceux qu’ils ont élus pour gérer la Région et au pouvoir central», pense celui qui a participé aux travaux ayant abouti à la confection de la Constitution du 18 janvier 1996. Un tacle contre son ami Paul Biya qui ne se presse pas pour appliquer toutes les dispositions de cette loi fondamentale issue des travaux de la Tripartite ? Difficile de le savoir. Toujours est-il que «on pourrait rétorquer qu’il n’y a pas assez de moyens pour mettre en place cette lourde organisation», envisage-t-il ; mais «la paix n’a pas de prix », enseigne le chef des Bamoun. Invitant ses homologues du Nord-ouest et du Sud-ouest à le rejoindre dans cet élan «pour protéger la paix et le vivre-ensemble afin de garantir le bien-être des populations que Dieu tout puissant nous a confiés ».

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