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Isidore Modjo : «Je veux que la Crtv me donne mes 50 millions» Spécial

  • jeudi, 21 septembre 2017 12:56
  • Écrit par  Propos recueillis par Luvovic Ngouéka

Le concepteur des génériques des journaux parlés de la Crtv parle de ses déboires avec les dirigeants des médias audiovisuels publics.

 

Pourquoi avez-vous relancé la grève ?


Je suis ici parce que depuis quelques jours je reçois des menaces de mort, je reçois des appels anonymes qui me menacent, menacent ma famille et moi-même ; Donc je suis venu ici pour dire à messieurs Tchiroma et Charles Ndongo que je n’ai pas peur, c’est la première chose. Deuxième chose, je pose une question à Issa Tchiroma : «Issa Tchiroma, l’argent que l’Etat a demandé de me payer pour les droits, est-ce ton argent ? Charles Pythagore Ndongo, toi qu’on a applaudi à ton arrivée à la tête de la Crtv, cet argent t’appartient-il ?». Cette insubordination, cet acte doit être dénoncé et puni ; parce qu’on ne peut pas accepter que depuis le 29 mars le Premier ministre qu’on appelle patron partout, mais qui donne une instruction et plusieurs mois après, rien n’est fait. De grâce, monsieur Tchiroma, tu dois non seulement payer, mais quitter le gouvernement. Ta place n’est plus là. Quand tu finis de faire ça, comment peux-tu encore appeler le Premier ministre ton patron ? Quand tu si que tu n’exécute pas ses instructions, comment peux-tu le regarder. N’est-ce pas là la vraie perfidie ?


Que réclamez-vous concrètement ?


Je réclame mes droits d’auteur sur l’habillage d’antenne du poste national. Il s’agit de l’habillage officiel du Poste national de la Crtv ; les habillages des journaux de 5h, 6h, 7h, 8h, 13, 14h, 17h et 20h, bref tous les journaux parlés et les génériques d’identification, qui sont diffusés 80 fois par jour, retransmis sur les dix stations régionales, sur les dix fréquences que le poste national a à travers le Cameroun, sur les six stations Fm commerciales. Ce qui fait plus de 2000 pointages par jour. Imaginez vous-mêmes.


Mais est-ce que depuis l’instruction du Premier ministre, vous avez entrepris une démarche vers la Crtv ?


C’était une instruction ; quand le Premier ministre a parlé, y a-t-il encore une démarche ? On exécute seulement. En français facile, et en trois phrases, le Premier ministre a dit ceci : «pour sortir de cette crise, payez tel montant à Isidore Modjo». Et je vous rappelle que cette instruction vient suite à une concertation interministérielle qui a eu lieu le 25 janvier. Y ont pris part le ministre Tchiroma lui-même, Charles Pythagore Ndongo, le Ministre des Arts et de la culture Mouelle Kombi. Alors comment voulez-vous que les gens s’assoient, trouvent une solution, calculent eux-mêmes et trouvent que mon argent c’est un milliard huit cent millions, mais le Premier ministre a dit que pour sortir de cette crise, ‘’sur hautes instructions du chef de l’Etat, monsieur Modjo, acceptez ce que je vais demander qu’on vous donne’’. J’ai dit que je ne peux pas refuser. Il a demandé qu’on me paie 50 millions et lui-même a écrit. C’est son instruction qui est imprimée là. Il l’a écrite depuis le 29 mars avec la mention «dans les meilleurs délais». Je me suis rapproché des administrations pour me renseigner à propos de «meilleurs délais», on m’a dit que généralement c’est à peu près deux semaines, dans une administration centrale il y a les procédures, mais on est plusieurs mois après et rien n’est fait. Vous vous souvenez, ils m’ont appelé pour me donner dix millions, que j’ai refusés ! Maintenant, il a essayé de faire des virements au trésor, qui passe à compte-gouttes, ils sont à 21 millions, et je dis que c’est la même chose que dix millions. Je veux qu’on me donne mes cinquante millions et qu’on arrête.


Ils ont quand même versé 21 millions déjà…


Il n’est pas question de quand même, ils n’ont rien versé. Quand ils m’ont appelé pour me poser dix millions sur la table, ils auraient pu dire qu’ils ont quand même donné quelque chose. On ne l’a pas fait !


Que dit le contrat au départ ?


Vous revenez sur quelque chose qui n’a plus sa place dans la mesure où on a regardé tous ces aspects et une instruction a été donnée pour sortir de la crise. Donc aujourd’hui, on n’en parle plus, on n’est plus à ce niveau. C’est vrai, le Premier ministre n’a fait que suivre le droit ; il n’a même pas pris une décision politique. Il a suivi la loi. Selon la loi, on doit me payer un certain montant et quand on a fait les calculs, ça a donné un milliard huit cent millions. Maintenant, le Premier ministre a seulement demandé d’accepter, et j’ai accepté dans un élan patriotique ; que cette somme de 50 millions sonne la fin du conflit et qu’on passe à autre chose.


Que signifie ce cadenas autour du cou ?


Ce cadenas symbolise simplement le fait que voilà dans un monde moderne, on est en train de faire de moi un esclave des temps modernes. Quand on refuse de vous donner vos droits, ça veut dire qu’on vous traite comme un esclave. L’esclavage signifie que votre corps ne vous appartient plus. Vous faites votre produit mais ça sert à quelqu’un d’autre. J’ai fait mes œuvres mais les gens refusent de me donner mes droits. Donc ils ont fait de moi des esclaves. Et c’est pour cela que j’ai cette chaîne, comme nos ancêtres ont été déportés depuis Bimbia.


Jusqu’où comptez-vous aller ?


Si rien n’est fait, après ce mouvement d’humeur, je vais porter ce problème aux instances internationales.


N’avez-vous pas essayé de rencontrer le Pca de la Crtv ?


Je n’irai jamais le voir parce que son masque est tombé. Tchiroma n’est pas digne. Tchiroma s’est comporté comme un vulgaire voyou. Comment son patron peut donner une instruction comme celle-ci et ça traîne à être exécutée ?


Que deviennent les studios Karel ?


Les studios Karel se portent extraordinairement bien. Nous continuons les productions. Vous savez, Charles Ndongo dans son esprit diabolique, a même coupé l’émission que je produits, Tropic love qui est pourtant sous contrat avec la Crtv ! Donc pour me mettre la pression, il a même coupé l’émission. On a des projets. C’est vrai que le combat prend une bonne partie de mon temps, mais le travail continue au studio Karel.


Vous avez été à la base d’une radio de la place, et puis ça a capoté, en avez-vous d’autres de cette nature ?


Oui vous savez, avec l’expérience de la radio Sky qui signifie Studio Karel Yaoundé, à cause des manipulations politiques, j’ai décidé de me retirer, de ne plus être seulement pour une radio, mais de travailler pour tout le monde. Vous savez que je fais des génériques pour la plupart des radios. J’ai une expertise qui doit être mise à la disposition du grand nombre. Je ne dis pas que je ne peux pas financer un projet de radio. Si je vois des gens dynamiques qui ont des projets de radio ou de télévision, on peut bien financer, mais je ne me mettrai plus jamais derrière cette étiquette pour travailler. Les compétences que le studio Karel a doivent être au service de tout le monde.

Dernière modification le jeudi, 21 septembre 2017 13:07

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