vendredi 17 novembre 2017
Connexion S'inscrire

Connexion

FLASH INFO

Radicaux et modérés s’affrontent autour de la rentrée

  • vendredi, 25 août 2017 09:34
  • Écrit par  Michel Ange Nga

Les premiers usent d’intimidations et de violences pour empêcher le retour des classes le 4 septembre.  Les seconds travaillent à éviter une année blanche dans les régions anglophones. 

« Je doute fort que les élèves  reprennent le chemin des  classes cette année à Bamenda  ». A écouter Amstrong, un  jeune technicien d’agriculture installé  dans la capitale de la région anglophone  du Nord-Ouest, les deux régions  anglophones ne sont pas loin  de connaitre une année blanche. La  faute à des groupes de radicaux, favorables  à la sécession des deux Cameroun,  qui ont décidé de boycotter  la rentrée scolaire prochaine.  Ces radicaux ont même fait de ce  boycott une question d’honneur, à en  croire d’autres habitants de Bamenda.  En refusant que les élèves retournent  à l’école le 4 septembre  prochain, les partisans de l’idéologie  sécessionnistes ne surprennent personne.  Leur crédo est en effet de  s’opposer à toutes les décisions du  pouvoir central de Yaoundé. « Ils font  savoir à tout le monde qu’ils ne sont  plus des Camerounais, mais des Ambazoniens.  Ça fait peur », ajoute  Amstrong, le ton grave.  Il n’est d’ailleurs pas le seul à appréhender  ce discours irrédentiste à Bamenda.  La preuve : l’exode massif  des élèves originaires de la capitale  du Nord-Ouest vers les régions francophones,  Yaoundé et Douala prioritairement.  « Des parents m’ont  appelé de Bamenda pour me suppléer  de prendre leurs enfants chez  moi », confie Etienne, originaire d’un  petit village à quelques encablures de  Bamenda qui dirige un garage automobile  da la capitale camerounaise.  S’il ne s’est pas encore décidé, il n’en  est rien de nombreux de ses frères.  « Cet exode concerne surtout les familles  riches, qui n’hésitent pas à inscrire  leurs enfants dans les internats.  Les enfants issus des familles pauvres  sont condamnés à rester à Bamenda  », fait savoir Amstrong. 

BAMENDA 

A Yaoundé, l’élite politique de Bamenda,  aux antipodes de l’idéologie  sécessionniste défendue par les radicaux,  veut éviter le scénario catastrophique  d’une année blanche. Elle  rassure, réconforte et garantie la sécurité  aux parents et chefs d’établissement.  Problème, la crise qui  paralyse les deux régions anglophones  depuis bientôt un an a entamé  le capital crédit de cette élite à  qui les radicaux reprochent l’embourgeoisement  et la collaboration avec le  pouvoir de Yaoundé. Il est donc difficile  de croire que les commis et les  élus anglophones soient capables de  décanter la situation. Surtout que  l’année scolaire dernière, on se rappelle  qu’ils avaient rédigé en vain un  appel afin que la rentrée scolaire soit  effective dans la région du Nord-  Ouest et dans celle du Sud-Ouest.  Ernest Massena Ngalle Bibehe, le ministre  de l’Enseignement secondaire  (Minsec), est lui aussi à pied d’oeuvre  pour que la rentrée soit effective  dans les régions anglophones le 4  septembre. Le ministre garantie que  les établissements publics vont assurément  ouvrir leurs portes le jour de  la rentrée. Autre victoire de M. Ngalle  Bibehe : il a le soutien des autorités  de l’Eglise presbytérienne du Cameroun  qui se prononce contre toute  année blanche à Bamenda et à Buea.  Cette institution confessionnelle, bien  implantée dans le Cameroun anglophone  assure que ses établissements  ouvriront le 4 septembre. 

EGLISE CATHOLIQUE 

Le mois dernier, une révélation du  journal anglophone The Guardian  Post renseigne aussi que l’Eglise catholique  a aussi rassuré les autorités  qu’elle ne fermera pas ses établissements  dans les régions anglophones.  « La position de l'Église catholique  sur le problème du retour à l'école a  été mise en évidence par une correspondance  datée du 8 juillet 2017 et  adressée aux secrétaires d'éducation  catholique de la province ecclésiastique  de Bamenda qui comprend  l'archidiocèse de Bamenda et les  diocèses de Kumbo, Kumba, Mamfe  et Buea. La correspondance suit une  longue déclaration publiée un jour  plus tôt par l'Association des parents  / enseignants de la province ecclésiastique  de Bamenda demandant  également aux parents d'envoyer  leurs enfants à l'école au début de la  nouvelle année académique en septembre  », pouvait-on lire dans les  colonnes du Guardian Post.  Pour plusieurs habitants de Bamenda,  le noeud du problème est la  sécurité des enfants qui vont aller à  l’école. Comment se rassurer qu’ils  ne seront pas agressés par les  groupes radicaux qui demeurent très  actifs à Bamenda ? Personne n’a  pour cela oublié la vidéo, devenue  très vite virale, d’un jeune élève malmené  par des radicaux l’année scolaire  dernière. Et encore moins la  bastonnade en masse dans une  école restée ouverte malgré le mot  d’ordre de grève. Le gouvernement  est en tout cas décidé à éviter que  ces scènes se répètent. 

Dernière modification le vendredi, 25 août 2017 09:57

LES DERNIERS ARTICLES

LES DERNIÈRES VIDÉOS

+ D'ARTICLES DE SOCIÉTÉ

0
Partages
0
Partages