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Banque : Les clients d’Ecobank dans la tourmente

  • jeudi, 17 août 2017 10:22
  • Écrit par  Michel Ange Nga

En décidant de fermer plusieurs de ses agences dans le cadre de sa migration vers le digital, la filiale camerounaise du groupe bancaire a crée un vent de panique qui tarde encore à se dissiper.

Lionel ne cache pas sa joie depuis qu’il a réussi à débité la presque totalité de son épargne dans son compte à Ecobank Cameroun, le 8 août dernier au terme d’une journée marathon. Celui qui tient une boutique de vente en gros au marché Acacia de Yaoundé a pourtant cru que le ciel allait lui tomber dessus car il a craint de perdre son épargne, quatre ans de travail, devant les portes closes de l’agence de Biyem-Assi, où il fait habituellement ses transactions financières. « J’étais vraiment inquiet surtout que personne ne pouvait me renseigner », se souvient Lionel.

C’est en plein après-midi qu’il réussi finalement à retirer une grande partie de son épargne à l’agence Ecobank de la Poste centrale. Il a dû passer par d’autres agences fermées avant de trouver le premier guichet ouvert. Et pourtant, un jour avant, sa mère lui recommande vivement de vider son compte en lui expliquant qu’Ecobank est sur le point de fermer. Comme Lionel, beaucoup d’autres clients de la filiale camerounaise du premier groupe bancaire panafricain ont été pris de panique la semaine dernière devant les ridelles des agences restées baissées. Ce qui a entrainé de longues files d’attente devant les rares guichets restés ouverts. Une demande en liquidité qui a fait craindre à Ecobank une rupture de payement. Pour calmer le jeu, Gwendoline Abunaw, le directeur général, a rassemblé la presse le 7 août pour démentir la rumeur sur la faillite et le départ en catimini d’Ecobank du marché camerounais. « Nous voulons dire à tous nos clients qu’Ecobank continue d’attacher une grande importance à ses activités au Cameroun. Depuis seize ans, nous travaillons pour développer nos activités et accroître le nombre de nos clients et c’est ainsi que nous sommes devenus la quatrième banque du pays », a fait savoir Mme Abunaw aux journalistes.

Si sa sortie a évité le pire, elle n’a toutefois pas ramenée la sérénité. Les clients craignent toujours de perdre leurs épargnes. Ils sont d’ailleurs nombreux ceux qui continuent de demander l’intégralité de leur argent dans les agences. Certains clients des villes secondaires ont même expressément fait le déplacement pour Yaoundé avec l’idée de vider leur compte pour en ouvrir un autre dans un autre établissement financier. Dans les agences, le personnel d’Ecobank rassure mais sans vraiment convaincre. « Ils nous ont demandé de ne pas nous inquiéter. Ils expliquent qu’ils passent au numérique en faisant de nouveaux aménagements. Mais en réalité, je ne comprends rien à tous ces explications », fulmine Pascal, lui aussi commerçant à Yaoundé et client la banque.

MBOPI

Ecobank Cameroun a en effet commencé à dégraisser son personnel en fermant un certains nombre d’agences pour matérialiser sa migration vers le numérique. A Yaoundé, seules les agences de la Poste centrale et de l’Avenue des banques vont continuer de fonctionner dans les prochains mois, selon une source interne à la banque. Douala va aussi subir ce rationnement et l’agence de Mbopi va fonctionner comme le hub dans la capitale économique. A l’Ouest, l’agence du Rond-point Biao à Bafoussam va continuer de fonctionner, ce qui n’est pas le cas des agences dans les autres départements de la région. Pour Gwendoline Abunaw, il ne s’agit là que d’un redéploiement stratégique. « La rationalisation de certaines de nos succursales fait partie de la stratégie du groupe Ecobank au fur et à mesure que nous passons au numérique pour étendre nos services à nos clients. L’objectif est de rapprocher nos services bancaires de masse en fournissant des plateformes qui captureront les populations non bancarisées. Nous avons un objectif à l’échelle du groupe d’augmenter notre base clientèle à 100 millions d’ici 2020. Nous espérons qu’en numérisant nos services bancaires et en profitant du fait que les taux de croissance en Afrique sont les plus élevés, nous y arriverons », a fait savoir le directeur général à la presse. Comme l’explique Gwendoline Abunaw, c’est bien Ecobank Transnational Inc (ETI), propriétaire d’Ecobank Cameroun à 79,6 %, qui a lancé le projet de la numérisation de ses services. Dans un rapport qu’ETI a publié en juin 2017, le groupe bancaire basé à Lomé au Togo présentait même les avancées de ce projet qui touche actuellement 11 millions de clients en Afrique. Le groupe estime de même à plus de 200 millions le nombre d’opérations effectuées sur Ecobank Mobile App, l’une de ses plateformes digitales. Des chiffres qu’ETI doit à ses 36 filiales sur le continent. Celle du Ghana vient même d’être récompensé à Londres en Angleterre dans la catégorie Meilleure banque digitale. Ecobank Cameroun peut aussi s’enorgueillir d’un trophée reçu récemment au Cameroun pour sa transformation digitale. Mais il reste que cette transformation ne rassure pas vraiment ses clients.

Dernière modification le jeudi, 17 août 2017 10:38

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