mercredi 21 février 2018
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Jean Paul Akono : «Atangana Ottou a inauguré l’ère des grands gardiens camerounais» Spécial

L’ex entraîneur des Lions indomptables évoque le souvenir du pionnier qu’il a vu à ses débuts.

 

Quel souvenir gardez-vous d’Atangana Ottou ?


Ça a été un très grand gardien de buts ; avec sa génération, ils ont inauguré l’ère des grands gardiens du Cameroun, avec les Teikeu, Mbengalack, Eboué Zacharie, Essombe, Thomas Nkono, Bell, Jacques Songho’o, Alioum Boukar, aujourd’hui, Kameni, Ondoa Fabrice, Onana. Donc il ne faut pas l’oublier, il est de ce que je peux appeler les pionniers qui ont fait du Cameroun le berceau des très grands gardiens africains, et je dirais mondiaux. Je garde de lui l’image d’un très grand entraîneur de football qui a donné avec toute la passion. Cette passion de vouloir les jeunes frères réussir, voir le Cameroun éclore ; que ce soit dans le Canon où il a eu à venir exercer lors des compétitions internationales, que pour l’équipe nationale qu’il a servie. On gardera de lui une équipe junior qui a participé qui a participé pour la première fois à la Coupe du monde junior et qui a fait très bonne figure, avec ce que l’équipe sénior a récolté tels que les joueurs comme Ebonge, Ollé Ollé, Ndjonkep et les autres. Donc c’était vraiment un Camerounais qui était non seulement patriote mais qui était très passionné de ce qu’il faisait ; et avec toute la rigueur qu’il fallait.


Pour l’histoire, était-il le premier où il a fait partie des premiers ?


Non, on a eu à parler des Epondo Eclador et d’autres avant lui. Il y a eu des autres, mais à sa génération, il y a eu de grands gardiens comme Tokoto Rodolphe d’Oryx de Douala, et d’autres gardiens que j’oublie. Quand ça dure déjà, on oublie, mais de cette génération des Teikeu, Mbengalack, il était le meilleur. Et c’est pour cela que je dis qu’il a inauguré l’ère des grands gardiens camerounais tant au niveau africain que mondial.


Est-ce que vous l’avez connu comme coéquipier en sélection ?


Malheureusement quand j’entre à l’équipe nationale en 1970, il vient d’arrêter après la 7èe coupe d’Afrique au Soudan. Je l’ai plutôt beaucoup côtoyé comme adversaire quand il a été à Prison de Buea comme gardien de buts dans ses dernières années de footballeur actif. Je me souviens que j’étais tellement content parce que je lui ai marqué un but sur un coup de pied arrêté. Il fallait être vraiment doué pour marquer à Remetter, comme on l’appelait de son surnom. Je lui ai marqué un but au stade militaire sur penalty ; et j’étais tellement content que je croyais que c’était un miracle. Il m’a un peu ouvert l’esprit en sachant que je pouvais battre tous les grands gardiens d’où qu’ils viennent. Je garderais ce souvenir de lui. Et je ne manquerais pas de souligner ce souvenir de lui que, alors que le Canon commençait son ascension vers les cimes du football camerounais et africain, c’est Prison’s de Buea est venu battre le Canon 3-1, avec Atangana Ottou qui nous a fait obstacle et ne nous a pas permis de gagner.


Etiez-vous au courant qu’il souffrait ces derniers temps ?


Oui oui, j’étais très au courant. Je me rappelle même que pendant que j’étais directeur technique national (Sic), il est venu me rendre visite à la direction technique nationale : je n’ai pas manqué de lui venir en aide pour ce qu’il fallait. C’était pur une opération qu’il devait subir. J’étais très content de lui rendre ce service, en participant de mes modestes moyens. Bien sûr, dans d’autres circonstances sociales, on était toujours en contact quand il était encore en possession de tous ses moyens. J’avoue que moi-même l’ayant été malade, on n’a pas eu beaucoup de temps de se revoir.


C’est une fin certainement tragique pour quelqu’un qui a beaucoup donné à ce pays…


Il faut l’avouer, il a beaucoup donné à ce pays. Et c’est pour moi l’occasion à travers vos colonnes, de demander à la Fédération camerounaise de football, au ministère des Sports et de l’éducation physique, pourquoi pas à la nation toute entière de rendre un grand hommage à ce grand homme. Parfois on a tendance à croire que le football camerounais c’est seulement les générations qui donnent les résultats que nous connaissons aujourd’hui ; on oublie qu’il y a des gens qui ont contribué à fabriquer ces résultats. Et Atangana Ottou Jean en fait partie.

Dernière modification le jeudi, 20 juillet 2017 20:36

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