samedi 23 septembre 2017
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Jean Atangana Ottou : La fin d’un pionnier ignoré Spécial

Portrait de l’ancien gardien de la sélection nationale décédé le 19 juin 2017.


Au moment où beaucoup pleurent le chef traditionnel originaire de Mbankomo, les anciennes gloires pleurent un congénère. Jean Atangana Ottou avait laissé des traces indélébiles dans le football. «Il est de ce que je peux appeler les pionniers qui ont fait du Cameroun le berceau des très grands gardiens africains, et je dirais mondiaux. Avec sa génération, ils ont inauguré l’ère des grands gardiens du Cameroun, avec les Teikeu, Mbengalack, …», rappelle Jean Paul Akono, ancien Lion indomptable et directeur technique national adjoint de football. «Il était de la sélection qui a été invitée à jouer par l’Allemagne fédérale, avec les André Teikeu alias Poussy», n’a pas oublié Charles Olivier Mbami, chroniqueur de sport à la retraite. «C’était vraiment le meilleur de sa génération de par ses qualités techniques», appuie-t-il. L‘homme qui a joué du début des années soixante à 1971, a laissé des souvenirs d’un gardien doué. «Il fallait être vraiment doué pour marquer à Remetter… Je lui ai marqué un but au stade militaire sur penalty ; et j’étais tellement content que je croyais que c’était un miracle. Il m’a un peu ouvert l’esprit en sachant que je pouvais battre tous les grands gardiens d’où qu’ils viennent», se remémore Jean Paul Akono. Un match ayant opposé Prison’s social club de Buéa où Atangana avait déposé ses valises pour sa fin de carrière, au Canon de Yaoundé. A Yaoundé. Au début du temps de gloire des Mekok me ngonda. En fait, «Poussy était le chat, mais Atangana avait la maîtrise», compare Charles Olivier Mbami.


Héros d’Australie 1981


«C’est une grosse perte pour le Cameroun. Ça a été l’un des plus grands gardiens de buts de notre pays», pleure Roger Milla. «Ce sont des grand-frères que nous avons vu jouer. Quand j’étais encore à Douala, j’allais au stade Akwa les voir jouer. C’est lorsque je suis arrivé à Yaoundé que j’étais beaucoup en contact avec lui. Il m’a donné beaucoup de conseils», reconnaît l’attaquant que Remetter baptisa Faux Cruyff, non pas pour dénigrer le talent de celui qui deviendra footballeur africain du 20ème siècle, mais en ce sen que Milla selon lui, développait une élégance dans le jeu, rappelant le Hollandais. Et Roger Milla s’en veut toujours de n’avoir pas pu revoir ce héros agonisant avant son dernier soupir. «Dimanche le 18, je revenais de Douala, j’ai voulu le voir. J’ai d’ailleurs demandé à mon épouse de s’arrêter à la chefferie pour qu’on se voie, mais elle-même ne se sentant pas bien, finalement on est passé directement, et le lendemain on m’annonce qu’il est décédé», regrette l’ancien Lion indomptable.
Jean Atangana Ottou avait évolué à Caïman de Douala, Lion et Diamant de Yaoundé du temps de sa superbe. Mais il arrêtera aussi tôt, non sans avoir imprimé les premières marques du Cameroun en Coupe d’Afrique des nations. C’était à Soudan 1970. Une participation à la Coubertin, mais le chemin avait déjà été tracé. Lorsqu’il arrête après cette échéance, il se reconvertit à l’entraînement. Les Lions indomptables bénéficieront du savoir de Remetter. D’abord chez les Juniors, avec pour faits d’armes le Mondial junior Australie 1981 auquel ont participé entre autres Ebonge, Ollé Ollé, Alexandre Bélinga, Bonaventure Djonkep, Mfédé,… qui évolueront plus tard en sélection A. Remetter fait partie du staff technique des Lions indomptables seniors qui ont remporté le premier trophée continental du Cameroun en 1984.


L’homme s’en va dans cette discrétion qui l’a marqué dans sa retraite sportive. Les Lions indomptables ne lui ont pas rendu hommage. Il n’était pas un Lion indomptable ; mais il a été un des pionniers de cette sélection. Au moins, Mbankomo lui a donné de couronne de chef traditionnel. La couronne de Lion qu’il lui manquait. Afin qu’il soit aussi indomptable à jamais.

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