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Jacques Bonjawo « Il faut des infrastructures pour développer l’économie numérique au Cameroun » Spécial

Jacques Bonjawo « Il faut des infrastructures pour développer l’économie  numérique au Cameroun » @newsducamer.com

Retenu comme expert pour animer le forum international sur l’économie numérique au Cameroun, l’ingénieur informaticien spécialiste des TIC et PDG de Genesis Futuristic Technologies évoque les conditions pour le développement de l’économie numérique au Cameroun.

Le forum international de l’économie numérique s’est ouvert officiellement ce 16 mai quels sont à votre avis les enjeux d’une telle rencontre ?

Je pense que cette rencontre doit nous permettre de réfléchir et de nous de nous interroger sur ce que nous pouvons faire pour tirer un meilleur parti de l’économie numérique au Cameroun. C’est d’ailleurs tout le sens de la thématique de ce forum. Il faut mettre en place le pilier de l’économie numérique c’est-à-dire les infrastructures. Et plus spécifiquement l’internet. J’ai publié il y a de cela quinze années un livre, « internet une chance pour l’Afrique ». J’étais loin d’imaginer qu’aujourd’hui internet deviendrais quasiment vital. Samsung en Corée représente 1/5 eme du PIB du pays, je crois que nous pouvons aussi avoir au Cameroun des entreprises du numérique qui impactent sur le PIB.  

En tant qu’investisseur êtes-vous rassuré par rapport à vos investissements au Cameroun étant donné que l’accès et le coût de l’internet restent encore élevés au Cameroun ?

Effectivement internet c’est le pilier de l’économie numérique. Au Cameroun il manque encore des infrastructures. J’ai été heureux d’entendre le représentant personnel du président de la république aborder la question de ces infrastructures du numérique et également de la gouvernance. Il faudrait que la gouvernance puisse changer, se métamorphoser. Autre chose c’est que internet est trop cher au Cameroun. J’ai eu le privilège de voyager dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et là-bas les coûts d’internet sont très bas. Il faut mettre en place des infrastructures dignes de ce nom, la meilleure façon de généraliser l’accès à internet c’est de réduire les coûts.

Croyez-vous que l’action du régulateur des télécommunications sur les opérateurs pourrait faire baisser les coûts d’internet au Cameroun ?

C’est un enjeu majeur et je crois que le ministre des Postes en a conscience. Le régulateur doit faire son travail. Nous n’avons pas encore une véritable concurrence en matière de téléphonie mobile, il faut que les opérateurs puissent mettre en place un système qui permette une véritable concurrence. Ce n’est qu’à ce prix que les coûts d’accès à internet peuvent baisser. Les opérateurs peuvent baisser les coûts sous l’effet d’une certaine pression du régulateur. Je suis au regret de constater que ce n’est pas encore le cas chez nous. Le régulateur n’a pas toujours fait ce qu’il fallait pour pouvoir travailler avec les opérateurs téléphoniques. On a même parfois l’impression que le régulateur défend les intérêts de ces opérateurs économiques.

Les investisseurs sont-ils séduits par les projets portés par des jeunes camerounais dans le domaine du numérique ? Comment appréciez- vous le potentiel de ces jeunes start-uppers ?

Cela dépend. Pour que les investisseurs soient intéressés il y a des préalables. Il faudrait un cadre juridique dans lequel ils s’y reconnaissent, il ne faudrait pas qu’un investisseur ait peur de ne pas pouvoir tirer parti de son investissement à cause de l’insécurité juridique. Il faut également des incitations fiscales. Le gens investissent parce qu’ils attendent un retour sur investissement. Ils n’investissent pas pour aider l’Afrique et c’est tout à fait légitime. Les entreprises étrangères pourraient t’elles faire du profit dans le domaine de l’économie numérique et ne pas toujours être à la merci du fisc ? C’est là la question. Parce qu’il faut le reconnaitre il y a encore des taxes trop élevées au Cameroun. Quant à ces jeunes start-uppers ils ont un début prometteur. Il y a des initiatives qui sont intéressantes mais elles ont besoin d’être encadrées par l’Etat et aussi par le secteur privé.

Quels sont les secteurs prioritaires à prendre en compte dans le cadre du développement de l’économie numérique au Cameroun ?

Le secteur primordial c’est celui de l’éducation. Il faut la formation à distance. Il faut la médecine, apporter la technologie et la mettre au service de la médecine. Il faut également que l’administration puisse se doter de cette technologie. C’est encore regrettable que de simples services au Cameroun ne soient pas en ligne et qu’il faille tout faire sur du papier.

Où en êtes-vous  avec votre  projet de télémédecine lancé au Cameroun ?

Lorsque nous avons lancé ce projet de télémédecine au Cameroun nous avions conscience qu’il y aurait beaucoup de défis notamment celui de l’accès à internet. Mais malheureusement nos coûts d’accès à internet sont restés très prohibitifs. Cela nous a posé quelques difficultés. Nous avons pendant un certain temps mené des réflexions notamment dans le domaine de l’accès à internet. C’est la raison pour laquelle nous avons pensé mettre sur pied un incubateur à Kribi. Cet incubateur inclut un volet télémédecine. Lorsque cet incubateur sera lancé au mois de juin 2017, nous pourrons à ce moment accompagner notre pays dans le domaine de l’économie numérique.

 

Lu 278 fois Dernière modification le mercredi, 17 mai 2017 19:31
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