dimanche 22 octobre 2017
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Liberté de la presse : Le Cameroun perd quatre places Spécial

Le pays de Paul Biya est classé 130ème pays du monde, et Reporters sans frontière peint un territoire liberticide.


Pour l compte de l’année 2017, Reporter sans frontière (Rsf) classe le Cameroun au 130ème rang mondial de la liberté de la presse. Ainsi, le pays de Paul Biya perd quatre places par rapport au dernier rapport rendu il y a un an. Une régression due à un environnement que Rsf peint comme des plus hostiles à la liberté de la presse, voire à la liberté d’expression tout simplement.


Si le rapport note que l’on n’a enregistré aucun décès de journaliste en situation d’exercice de son métier, ni de collaborateurs de la presse tué, encore moins un citoyen qui a perdu la vie au Cameroun à cause de sa liberté d’expression, il reste que Rsf n’est pas tendre sur l’environnement dans lequel cette liberté s’exerce. D’ailleurs le titre «menace permanente sur les radios» est assez évocateur. Ici, le rapport 2016 parle d’un terrain «florissant» pour la presse en général, «mais de nombreuses radios présentes sur l’ensemble du territoire n’ont pas reçu leur agrément définitif». Et pour Rsf, il s’agit d’«une technique utilisée par le gouvernement pour les garder sous la menace permanente d’une fermeture». Une autre pratique, «la poursuite des journalistes pour diffamation sans qu’ils en soient avertis. Ces derniers se retrouvent ainsi condamnés à des amendes exorbitantes ou à des peines de prison sans avoir jamais pu se défendre devant un tribunal».

La Corée du nord, plus mauvais élève


Le pont est vite trouvé pour relever spécifiquement l’incarcération du correspondant de Radio France international (Rfi) depuis bientôt deux ans et qui a été condamné ce 24 avril à une peine d’emprisonnement de 10 ans, assortie de dépens s’élevant à 55 millions de francs. En application de la loi antiterroriste promulguée en 2014 et qui «prévoit de traduire les prévenus devant les tribunaux militaires», souligne Rsf. La même loi qui sous-tend l’interpellation d’autres journalistes récemment à Buéa, dans le cadre de la répression de la crise dite anglophone. de même que la coupure d’internet que le rapport classe parmi les actes qui ont couté au Cameroun sa 130ème place.


Et le Cameroun ne s’aligne que dans une mouvance liberticide globale. Rsf parle d’une année 2017 «marquée par la banalisation des attaques contre les médias et le triomphe d’hommes forts qui font basculer le monde à l’ère de la post-vérité, de la propagande et de la répression, notamment dans les démocraties». Ainsi, «près des deux tiers (62,2%) des pays répertoriés* ont enregistré une aggravation de leur situation tandis que le nombre de pays où la situation pour les médias est considérée comme “bonne” ou “plutôt bonne” a diminué de 2,3%», relève le rapport. Et la Corée du Nord fait figure de dernier de la classe, alors que la Norvège en est le bon élève.

Dernière modification le mercredi, 26 avril 2017 19:59

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