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Crise anglophone : Les avocats de la défense campent sur la libération des détenus Spécial

Malgré les mesures prises par le Minjustice, les conseils des personnes arrêtées restent insatisfaits.


Face à la presse ce 18 avril 2017, des avocats membres du Conseil des personnes interpellées dans le cadre de la crise dans les zones anglophones, Mes Claude Assira et Bernard Muna, ont clairement «demandé aux autorités camerounaises compétentes, de libérer les avocats et toutes les autres personnes détenues, et de prendre des mesures appropriées en vue du retour en toute sécurité des personnes en exil et de la levée de l’interdiction de sortir du territoire national». C’est l’une des résolutions prises par le collectif des avocats de la défense des détenues de cette crise qui secoue les deux régions anglophones du pays. Pour les «porte-paroles» de la défense, cette demande est faite «dans le souci de la dissipation progressive et durable de la crise». Cet élargissement des détenus, notamment les avocats (Me Nkongho Félix, Me Abadem Walters,…), devrait être une étincelle pouvant favoriser le «dialogue constructif» que la défense appelle de tous ses vœux, incluant toutes les énergies nécessaires pour des «solutions durables et définitives». Et d’ailleurs, «les personnes détenues ne sont ni les leaders, ni les plus radicaux de la contestation», souligne Me Assira.


Par ailleurs, en exprimant leur reconnaissance et leur confiance à François Lounceny Fall, représentant spécial pour l’Afrique centrale du secrétaire général des Nations unies, pour son engagement en faveur de la libération des détenus, tel qu’exprimé lors de la conférence de presse que le diplomate q adonnée au terme de sa visite au Cameroun le 11 avril dernier, après avoir rencontré les autorités de Yaoundé, les détenus et leurs conseils, la défense regrette les démarches unilatérales du bâtonnier. En effet, Me Ngnie Kamga a commis un communiqué signé le 9 avril, annonçant le retour des avocats dans les tribunaux des régions anglophones. Au terme de discussions engagées dans le cadre d’un conclave, avec les autorités gouvernementales. Pour le collectif des avocats de la défense, le conclave est «une entité non représentative des avocats». Pire, «le bâtonnier n’a exprimé que de manière sibyline la remise en liberté des avocats en détention», et «n’a pas davantage évoqué les cas des avocats en exil ou limités dans leur liberté d’aller et venir», regrettent-ils.

Considérer la spécificité anglosaxonne


Mais la défense ne crache pas sur les mesures prises jusqu’ici par le gouvernement. Notamment celles énoncées le 30 mars dernier par Laurent Esso, le ministre de la Justice (Minjustice). En l’occurrence la création d’une section de la Common law à l’Enam, la création d’une faculté des Sciences juridiques et politiques à l’Université de Buea, la création d’un département d’English Law dans les Universités de Douala, Ngaoundéré, Dschang et Maroua, la création d’un Institut d’Etude judiciaire pour la formation des avocats, notaires et huissiers de justice, le redéploiement des magistrats en tenant compte des critères linguistiques, l’augmentation des effectifs des magistrats anglophones au sein de la haute juridiction, etc.


A propos, «la défense formule le souhait que ces mesures soient effectivement et rapidement mises en œuvre». Mais surtout, «que d’autres de même nature soient édictées». En prenant soin de rappeler que «le common law a ses spécificités, et le Cameroun qui n’est pas pays unique au monde à connaître une double culture juridique, doit s’inspirer du Canada qui est mieux avancé sur ce terrain», mentionne Me Assira.

Dernière modification le mardi, 18 avril 2017 19:04

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