lundi 21 août 2017
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Santé publique : La grève prend une forme officieuse Spécial

La menace du ministre a poussé les mécontents à user de voies de contournement.


La mise en garde d’André Mama Fouda, le ministre de la Santé publique (Minsanté), a-t-elle eu son effet sur le corps médical camerounais ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que dans l’ensemble des hôpitaux publics de Yaoundé, le travail semble ne s’être jamais arrêté comme initialement prévu dans le mot d’ordre de grève de trois jours lancé par le Syndicat des médecins du Cameroun (Symec), à compter du 17 avril 2017. Toujours est-il que le Minsanté a pris soin de faire afficher à l’entrée principale de l’hôpital central de la capitale, le communiqué et la lettre-circulaire signés le 13 avril dernier. Des documents qui déniaient au Symec une existence légale, mais surtout, interpellant les chefs d’établissements hospitaliers relevant du secteur public, à veiller à ce que leurs collaborateurs soient «présents au travail», avec un «rendement normal».


Et un tour dans les hôpitaux de service publics de Yaoundé laie croire que le ciel est resté bleu sous la capitale politique du pays ce 17 avril. Du moins, le mouvement de grève lancé par le Symec ne semble pas avoir été suivi par les concernés. Aux urgences comme dans les salles d’hospitalisation de l’hôpital central de Yaoundé, les blouses blanches sont présentes tant auprès des malades que dans les couloirs et les bureaux. «Vous-mêmes vous voyez qu’il n‘y a rien ici. Tout le monde vaque à ses occupation», répond une dame. Une assurance confirmée par les malades eux-mêmes. «Depuis que je suis là, je vois qu’ils s’occupent de nous», témoigne un patient. Ambiance pareille au Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Yaoundé. Pour une femme médecin, «il semble que le mot d’ordre a été levé hier soir. Faites le tour et vous verrez que le travail est régulièrement fait», met-elle au défi le reporter. «Même en cas de grève, il y a un service minimum qui est assuré, mais pour le moment, il n’y pas grève ici», réitère-t-elle. Mais dans l’ensemble, les médecins s’accordent à soutenir les revendications portées par le syndicat. «Le médecin camerounais est mal payé et ne bénéficie pas de bonnes conditions de travail. Parmi les revendications, il y a la couverture maladie universelle qui est une assurance profitable à tout le monde, mais je ne sais pas pourquoi on nous la refuse», déplore une des concernés.


Mais il est clair que «personne ne nous a empêchés de faire notre grève», rassure-t-on, sans pouvoir justifier la poursuite «normale» du travail. Mais déjà, «il y a deux types de médecins ; ceux qui dépendent du ministère de la santé et ceux qui dépendent de l’enseignement supérieur. Donc tous n’ont pas les mêmes problèmes, mais dans l’ensemble, on est tous mal traités». C’est pour cela que tous n’ont pas les mêmes problèmes», recadre-t-on. Sauf que les partisans du mouvement d’humeur n’ont pas manqué de stratégie. «Ils sont venus au travail, mais se sont arrangés à faire le minimum requis. Certains ont travaillé pendant quelques heures, puis ont prétexté des urgences pour disparaitre ; d’autres ont simplement pris des pauses plus longues quand ils n’ont pas pris plus de temps que prévu, pour s’occuper des quelques patients qu’ils ont bien voulu recevoir», apprend-on.

Dernière modification le mardi, 18 avril 2017 17:34

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