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KILDADI TAGUIEKE BOUKAR, gouverneur de la région de l’Adamaoua : « Il y a des étrangers parmi les preneurs d’otages dans l’Adamaoua »

  • jeudi, 27 juillet 2017 10:31
  • Écrit par  Chamberline Moko

Rencontré au cours de la conférence semestrielle des gouverneurs à Yaoundé, le chef de terre de la région de l’Adamaoua évoque le phénomène de prise d’otages, la présence des coupeurs de route et les mesures prises pour sécuriser les populations de l’Adamaoua. Interview. Monsieur le gouverneur comment se porte la région de l’Adamaoua au plan sécuritaire ?

En dépit de quelques cas de banditismes enregistrés et fort heureusement circonscrits par les forces de sécurité, la région de l’Adamaoua est calme. Autrefois, les coupeurs de route dictaient leurs lois dans cette région mais nous avons pu les maîtriser de telle manière que ce phénomène a considérablement diminué et est en passe de disparaître. Depuis quelques jours, nous n’avons pratiquement plus reçus de plaintes des populations victimes de ces coupeurs de route et nos forces de sécurité ne nous ont plus signalé de cas. Malgré cela, nous veillons au grain car ces coupeurs de route peuvent resurgir à tout moment.

La région de l’Adamaoua toutcomme celle de l’Extrême-Nord Cameroun continuent d’accueillir des réfugiés, combien sont-ils à ce jour dans cette région ?

La région de l’Adamaoua a accueilli en grande majorité sur son territoire des réfugiés centrafricains. Le dernier recensement biométrique de ces réfugiés indique qu’ils sont environ 22 000 installés dans la région. Lorsque ces déplacés sont arrivés dans notre région, ils ont été identifiés et enregistrés avec le concours du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Ces réfugiés sont suivis par l’Etat et également par le HCR qui leur apportent les soins nécessaires. Certains parmi ces réfugiés retournent volontairement dans leur pays. Ils s’organisent, louent des véhiculent et rentrent de leur propre volonté dans leur pays en se disant qu’il y a plus de stabilité. D’autres sont devenus en ce temps de saison pluvieuse des agriculteurs et des éleveurs. Par ailleurs, nous avons d’autres réfugiés qui sont encore dissimulés dans des quartiers et dans des familles d’accueil. Au camp de Minawao dans la région de l’Extrême- Nord Cameroun, ces réfugiés sont environ 55 000. Ils sont en grande partie originaires de la république du Nigéria.

La cohabitation de ces réfugiés avec les populations locales est-elle toujours pacifique ?

C’est vrai qu’il arrive très souvent que certains réfugiés quittent leur lieu de recasement et vont dans des domiciles commettre des actes de vol et des braquages ce qui est vraiment déplorable. En dehors de ces quelques cas, la cohabitation est plutôt pacifique avec les populations.

 En mars dernier des ravisseurs avaient enlevés des familles dans l’Adamaoua et par la suite l’on a appris que certains avaient été assassinés et d’autres sont toujours détenus, qu’elles informations disposent t-on à ce jour concernant ces familles ?

Parmi les familles victimes de ces coupeurs de route, il y avait celle de Monsieur Oumarou. Ce dernier et sa famille ont effectivement été relaxés. Il s’agissait d’un berger qui se trouvait à la limite entre l’Adamaoua et la région du Nord, plus précisément dans la localité de Toubouro. Heureusement ce dernier est sain et sauf. Les forces de l’ordre ont fait un maillage pour circonscrire la région, ce qui a permis de faire régresser de manière considérable le phénomène de prises d’otage ou les demandes de rançons. C’est vrai que le facteur climatique y est aussi pour quelque chose. Nous avons constaté que c’est durant les saisons de pluie que ce phénomène régresse. Nous attendons la fin des pluies pour voir si effectivement ce phénomène va se poursuivre ou pas. Qu’à cela ne tienne, les forces de l’ordre ainsi que le comité de vigilance travaillent dans l’optique d’éradiquer ce phénomène.

Rendu à ce jour les preneurs d’otages ont –ils été identifiés ? Quelles informations dispose t-on au sujet de ces derniers ?

Ce que je peux vous dire c’est que nous avons démantelé plusieurs gangs qui croupissent actuellement à la prison centrale de Ngaoundéré. Tout récemment nous avons présenté quelques-uns de ces malfrats aux médias. Une fois arrêté ces présumés brigands attendent d’être jugés conformément aux lois en vigueur. La procédure judiciaire suit son cours. Ce que nous pouvons également dire c’est que parmi ces preneurs d’otages il y avait des étrangers. Je ne peux malheureusement pas dévoiler leurs nationalités pour des raisons diplomatiques. Mais, ces coupeurs de route n’étaient pas toujours des camerounais et, ces derniers avaient même des complices parmi les populations locales qui se chargeaient de leur donner des informations et de leur préciser certains déplacements des forces de l’ordre.

Au plan alimentaire, comment vivent les populations de l’Adamaoua ?

Notre région a des activités économiques importantes parmi lesquelles l’élevage et l’agriculture. Les populations s’adonnent à ces activités. Actuellement le cheptel le plus important du pays se trouve dans l’Adamaoua. Nous avons des industries qui transforment des produits agricoles à l’instar de Maïscam, cette société qui s’occupe de la culture et de la transformation du maïs. Cette entreprise appartient d’ailleurs au richissime homme d’affaires Alhadji Abbo. L’Adamaoua reste une terre de richesses, de productions.

Quelles sont vos attentes par rapport à cette première conférence semestrielle des gouverneurs du Cameroun pour l’année en cours ?

A l’issue de ces travaux nous aurons des instructions données par la hiérarchie et nous allons retourner dans nos différentes unités mettre en application ces résolutions. Nous profitons également de cette rencontre pour partager nos expériences avec d’autres gouverneurs et nous en sortiront enrichis.

Dernière modification le jeudi, 27 juillet 2017 10:42
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