vendredi 17 novembre 2017
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Bassek ba Kobhio : « les Ecrans Noirs ont été inscrits dans le budget de l’Etat » Spécial

Invité au poste national de la Crtv, le promoteur des Ecrans Noirs fait le bilan des 21 ans d’existence de ce festival et donne les raisons pour lesquelles, il reste à la tête de ce grand rassemblement cinématographique.

Le festival Ecrans Noirs était prévu du 1er au 8 juillet dernier, c’est finalement le 15 juillet qu’il a été lancé. Ce type de report indique-t-il,  21 ans après, qu’on n’a pas toujours atteint la maturité ?

Non, nous avons reporté le festival bien de temps avant cela. Lorsque nous avions annoncé nos dates, nous n’avons pas tenu compte d’un facteur à savoir la session du Sénat qui se tenait jusqu’au 8 juillet. Sachant que l’ouverture et la clôture du festival se font toujours au palais des Congrès, le directeur général du palais des congrès nous a conseillé de reporter le festival d’une semaine. Mais, si nous étions allés ailleurs, nous aurions pu maintenir la date.

Vous qui avez l’habitude d’organiser de tel évènement sous d’autres cieux, en occurrence en occident,  ne va-t-on pas penser qu’il y a eu un manque d’anticipation ?

Il y a des compétions même sportives qui étaient prévues dans les lieux mais ont a du changer ces lieux parce qu’il y avait des impératifs. Mais je vous dis que nous avions changé moins de deux semaines après avoir annoncé la date. C'est-à-dire que dès le mois de janvier, nous savions que nous n’allions plus tenir le festival du 1er au 8 juillet, et tout le monde savait que c’est du 15 au 22 juillet. Puis, lorsque nous avons conclu avec Canal Olympia,  nous sommes passés au 23  juillet parce que nous terminons à Douala le dimanche.

Mais sur le site internet des Ecrans Noirs, le festival est toujours programmé du 1er au 8 juillet 2017. Pourquoi n’avoir pas mis à jour cette vitrine ?

Nous avons eu un gros problème que ceux qui nous suivent ont vu. Et c’est parce que nous avons autour de nous de très grands techniciens informatiques que nous avons pu nous en sortir. Nous avons été victimes d’un piratage. Nous étions complètement hackés  c'est-à-dire que nous faisions partie de la liste des sites qui ont été infectés à un moment au niveau mondial. Nous avions passé deux mois de dur labeur à reconstruire notre site. D’ailleurs, vous constaterez que nous avons gardé le même site mais nous avons changé complètement notre architecture.

Et si vous nous parlez de cette 21e édition des Ecrans Noirs, quelles sont les innovations cette année ?

Nous avons une grosse innovation cette année, celle de faire en sorte que le cinéma ne soit plus quelque chose qui relève de l’artistique mais aussi de l’économie. Nous avons par exemple le premier marché de l’Afrique centrale, je ne parle pas de la Cemac mais de la Ceeac, il y a beaucoup de jeunes qui sont venus, il y a films de la RDC, du Tchad, de l’Angola… ces jeunes qui n’avaient pas l’opportunité avant de vendre leurs films, viennent aujourd’hui les écouler sur ce marché. Ce qui fait en sorte que le premier marché d’Afrique centrale soit né. Aujourd’hui,  les acheteurs et les diffuseurs  sont contents de cette innovation. Il faut comprendre qu’il y a pas que des films déjà fait qui sont à vendre. Il y a aussi des projets.

Lorsque vous aviez lancé votre projet en 1997, il était question d’attirer l’attention de ceux qui peuvent financer le cinéma camerounais et africain, pensez-vous qu’aujourd’hui le marché du cinéma africain attire des investisseurs ?

Vous parlez d’une scène de  vingt ans à coté d’un projet comme celui là (Ndlr, Ecrans Noirs). Rien du tout.  Ce qui voudrait dire que si les Ecrans Noirs n’avaient pas été créés, le cinéma camerounais aurait des écrans noirs et totalement morts. Vous ne pouvez pas imaginer aujourd’hui le nombre de jeunes qui produisent dans la perspective d’être positionnés, vus  aux Ecrans Noirs. Ce qui nous fait plaisir c’est que désormais, il y a la perspective de vendre  aux Ecrans Noirs. 

Vous aviez manifesté il y quelques années votre intérêt pour le  développement du cinéma camerounais dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.  Quel bilan faites-vous quelques années après ?

Si vous voulez que je parle en termes de bilan personnel quelques années après, c’est que j’ai produit le seul film d’Afrique centrale qui était sélectionné en compétition au festival Fespaco. Il s’agit du film du jeune cinéaste Achille Brice intitulé "life point". D’autre part, j’ai compris les techniques et les problèmes et je fais en sorte que les forces de ces régions qui sont celles des films produits avec des budgets extrêmement bas mais aussi les forces de la partie francophone qui sont celles de faire intervenir les comédiens parfois connu. C’est ce que j’ai fait avec life point où j’ai fait intervenir comme comédien principal Gérard Essomba. Et ça c’est important pour vendre des films à l’étranger.

20 ans après alors Basseck Ba Kobhio se disait à se retirer est toujours à la tête de son projet…

J’avais toujours dit que, je quitterai les Ecrans Noirs assez rapidement mais après avoir permis aux Ecrans Noirs d’avoir un minimum de financement certain. Nous sommes en 2017 et votre question tombe à point nommé parce que je n’ai pas voulu l’annoncer l’année dernière. Grâce à la reconnaissance de l’utilité publique que le président de République nous a accordé et certainement aussi à notre travail, nous avons été inscrit cette année dans le budget de l’Etat. A présent, je peux dire aux jeunes que vous avez déjà un minimum, battez vous pour agrandir le projet. Je suis conscient d’une chose, les jeunes avec les facultés visionnaires du monde peuvent facilement trouver les sponsors et les partenaires financiers privés. Mais, il fallait au préalable une certaine permanence, garanti que je portais pendant de longues années sur mon nom, sur ma carrière maintenant, on peut passer d’une chose à l’autre. Je crois que le bilan n’est pas négatif, il est totalement positif  même si je suis conscient qu’il reste encore beaucoup de chose à faire.

 

 

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