vendredi 22 septembre 2017
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Décès de Mgr Bala : L’église abandonne le cadavre entre les mains de la justice Spécial

Dans un communiqué, de la Conférence épiscopale refuse de recevoir la dépouille.


«Les autorités de l’église catholique n’ont pas reçu le corps de Monseigneur Jean Marie Benoît Bala». Par la voix de Mgr Samuel Kleda, l’église catholique vient d’administrer un tacle irrégulier à la justice camerounaise. Le président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc) conditionne la réception de la dépouille mortelle de son membre à son «identification». Tout est désormais clair et officiel. La guerre se porte bien entre l’église catholique et la justice. Jusqu’ici, l’épiscopat national n’avait fait que réagir aux forceps aux sollicitations de la presse au sujet du sort réservé à la dépouille de son membre porté disparu le 30 mai 2017, puis retrouvé dans les eaux de la Sanaga le 2 juin 2017. Interpellé à l’occasion du point de presse annonçant l’assemblée générale de l’Association des conférences épiscopales nationales de la région Afrique centrale (Acerac), le président de la Cenc avait simplement réitéré la déclaration de l’instance, du 13 juin. En ajoutant laconiquement qu’«un corps ne disparaît jamais», en ce qui concerne la réception de ce corps.


Alors, «les évêques maintiennent leur position du 13 juin selon laquelle Mgr Jean Marie Benoît Bala a été assassiné», s’accrochent-il. Au moment où d’aucuns leur exigent des preuves de leurs affirmations, les évêques répondent que «la certitude morale des évêques repose entre autres sur le fait que le corps qu’ils ont vu et reconnu au bord de la Sanaga et à l’hôpital général de Yaoundé, et qui était la dépouille de Mgr Jean Marie Benoît Bala, portait des marques de violence». A cela, ils avaient déjà ajouté que les poumons du défunt retrouvé dans l’eau après trois jours, ne contenaient pas d’eau. Une preuve selon eux, qui amenuise la probabilité d’une mort par suicide, et conforte la thèse d’un assassinat «brutal».


La guerre s’intensifie


En égrenant une liste de religieux catholiques morts dans des circonstances troubles et jamais élucidées, les évêques avaient estimé que le cas Mgr Jean Marie Benoît Bala était «un meurtre de trop» qu’ils ne comptent pas laisser sans suite. Alors la Cenc demande «que les pouvoirs publics fassent toute la lumière sur les circonstances et les mobiles de l’assassinat de Mgr Jean Marie Benoît Bala, et que les coupables de ce crime soient nommément identifiés et traduits en justice», réitèrent-ils. Au moment où Jean Fils Ntamack, le procureur général près la Cour d’appel du Centre, dans un communiqué de presse, écrivait le 4 juillet dernier, que «la noyade est la cause la plus probable du décès de l’évêque». Pas question, réagissent les évêques : «les évêques attendaient les conclusions de l’autopsie du 2 juin 2017», se montrent-ils insatisfaits. Se fondant sur le rapport de la seconde autopsie menée sur la dépouille de Mgr Bala par le professeur Michaël Tsokos et le Dr Mark Mulder, présentés respectivement comme directeur de l’Institut de médecine légale de Berlin, et coordonnateur de l’unité d’identification des victimes des catastrophes à Interpol. La fin de la guerre n’est certainement pas pour bientôt.

Dernière modification le mardi, 11 juillet 2017 19:02
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